15 ans de prison pour les parents de Killian, 4 ans, mort "à petit feu"

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15 ans de prison pour les parents de Killian, 4 ans, mort "à petit feu"
Retrouvé mort en avril 2010, Killian pesait 10 kg et comportait de nombreuses lésions.@ AFP
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L'enfant était né malade. Il était battu, sous-alimenté et laissé mourir "à petit feu".

De "grosses claques derrière la tête" car il n'était "pas propre". Frappé car "il ne mangeait pas assez vite" et pour "avoir la paix". Selon Ouest France, le verdict prononcé mardi soir par la cour d'assises des Landes a suivi les réquisitions de l'avocate générale : la mère de Killian et son beau-père - mais qui avait reconnu l'enfant - ont été condamnés à 15 ans de réclusion criminelle pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le couple de trentenaires encourait 30 ans de réclusion.

Né avec une malformation cardiaque et pulmonaire. Après sept jours de procès, la grand-mère paternelle a été condamnée à six mois avec sursis pour violences envers Killian. L'enfant était par ailleurs né avec une malformation cardiaque et pulmonaire, assorti du syndrome de Di George. Placé dans un centre infantile spécialisé, il avait été autorisé à retourner au domicile familial, à Mont-de-Marsan, avant ses trois ans et sous suivi médical.

Killian, qui grandissait au milieu de quatre sœurs, a été retrouvé mort en avril 2010, à l'âge de 4 ans, au domicile parental, dans un état de très forte dénutrition : il pesait alors 10 kilos. L'autopsie a révélé de nombreuses lésions et la présence d'anxiolytique.

"Une vie de misère". Lors du procès, une psychologue, témoignant en qualité d'experte, évoquait chez la mère "une vie de misère depuis l'enfance", ainsi qu'une "éducation sans repères et la reproduction de schémas familiaux". De nombreux dysfonctionnements dans la chaîne de protection de l'enfance sont également apparus : de nombreuses alertes avaient été lancées, jamais suivies d'effets. 

A l'issue du procès, les jurés n'ont pas suivi les réquisitions de l'avocate générale dans sa demande de retrait de l'autorité parentale. L'avocat du père dit se laisser le temps de la réflexion avant d'éventuellement aller en appel.