"Plus de conflits autour de l’eau"

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"Plus de conflits autour de l’eau"
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Barah Mikaïl, chercheur à l’IRIS, décrypte les conflits que génère l’or bleu.

Barah Mikaïl est chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques. Il travaille sur les enjeux géopolitiques de l'eau. Il est l’auteur de L’eau, source de menaces ? et revient à l’occasion de la journée mondiale de l’eau sur les conflits que génère l’or bleu.

Existe-il des guerres de l’eau ?

Mis à part en Mésopotamie il y a 4.500 ans, il n’y a pas eu jusqu’à maintenant de scénario fermement belliqueux où l’eau était l’objet exclusif d’un conflit. Ce fut cependant un facteur important dans le déclenchement de la Guerre des Six jours en 1967 et lors du conflit sénégalo-mauritanien en 1989 notamment. Il existe néanmoins des tensions au Proche-Orient, dans la région du Nil, en Asie centrale ou en Inde qui pourraient vite dégénérer. Ce qui est sûr, c’est que l’on voit de plus en plus apparaître des tensions autour l’eau. A partir du moment où une population vient à manquer d’eau potable, ce problème est un facteur important de déstabilisation des autorités publiques. Il créé des tensions entre Etats, mais aussi en leur sein.

>> En images : quand l'eau devient poison.

Les conflits autour de l’or bleu vont-ils se substituer à ceux autour du pétrole au siècle dernier ?

La thèse selon laquelle après le pétrole c’est l’eau qui est en train de devenir un facteur de positionnement pour de nombreux Etats est largement répandue. Mais il n’y a pas eu d’exemple concret de conflit armé pour l’instant.

Comment éviter des conflits ?

Il existe des structures chargées de l’eau dans différentes régions du monde, mais ce n’est pas pour autant que des traités sont adoptés. Ce sont souvent des coquilles vides. La seule exception notable concerne le Canada et les Etats-Unis qui parviennent à anticiper les conflits. Ces derniers ont en revanche réussi à instaurer un rapport de force avec le Mexique. Le conflit israélo-palestinien est aussi intéressant. Il est révélateur du rapport de force instauré par Israël qui impose une politique du fait accompli aux Palestiniens. Mais on note néanmoins une coopération jamais interrompue.

>> Carte : la géopolitique de l'eau