"Mon fils est mort empoisonné"

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"Mon fils est mort empoisonné"
Thierry Morfroisse est mort le 22 juillet 2009 après avoir transporté des algues vertes
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TEMOIGNAGE E1 - La mère de l’homme décédé en transportant des algues vertes soutient FNE.

C’est une mère blessée. Choquée. Alors que la polémique fait rage sur la campagne d’affichage de France Nature Environnement (FNE), présentant un enfant jouant sur une plage couverte d’alguesvertes, Jeanne Morfoisse, la mère de Thierry Morfoisse mort le 22 juillet 2009 après avoir inhalé de l'hydrogène sulfuré se dégageant des algues en décomposition, a avoué son incompréhension au micro d’Europe 1.

"Je trouve cela honteux", lâche Jeanne Morfoisse, 72 ans. "Il y a des affiches pires que cela tous les jours dans la rue", poursuit-elle en soulignant sa surprise face à la colère des agriculteurs. "Moi je ne comprends pas. Tout ce que je comprends, c’est que mon fils est mort empoisonné. Mon fils aurait eu 50 ans la semaine prochaine. Je vais lui amener quoi pour ses 50 ans ? Un saut d’algues vertes ?", se désole-t-elle.

Thierry Morfroisse transportait des algues vertes ramassées sur la plage de Binic dans les Côtes d’Armor lorsqu'il s'est mortellement effondré le 22 juillet 2009. "Crise cardiaque" avait conclu le parquet de St-Brieuc dans un premier temps avant de classer l'affaire. Depuis, des scientifiques ont mis en cause l'hydrogène sulfuré se dégageant des algues lors de leur décomposition.

La campagne "peut apporter quelque chose"

Pour Jeanne Morfoisse, cette campagne de la fédération qui regroupe 3.000 associations écologistes est indispensable. "Elle peut apporter quelque chose", poursuit la mère de Thierry. Ces affiches peuvent selon elle apprendre à tous "ce qui se passe, qu’on peut être empoisonné sans le savoir ". Jeanne Morfoisse rappelle que des "gosses jouent là-dedans. Les enfants ne voient jamais le danger. Nous même on ne pensait pas qu’on pouvait mourir de ça ".

Quant à la plainte pour diffamation déposée par la région Bretagne contre France nature environnement, elle révolte la mère de famille.

"Je suis très en colère", éclate-t-elle. "Si ça lui était arrivé à lui (le président de la Région Bretagne, Jean-Yves Le Drian (PS), NDLR) ce qui nous est arrivé peut être qu’il comprendrait les choses différemment. On n’avait qu’un fils. La mort qu’il a eue, il ne la méritait pas. Moi, mon fils, c’était la plus belle chose que j’ai eue dans ma vie. De l’avoir vu sur un lit de mort, je ne le souhaite à personne. Et de ne pas savoir la vérité ".