Marée noire : BP pose un entonnoir

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Marée noire : BP pose un entonnoir
@ REUTERS
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Alors qu'une énième tentative de colmatage a eu lieu, le gouvernement américain présente la facture.

Cette énième tentative sera-t-elle la bonne ? British Petroleum a posé un entonnoir sur le conduit à l'origine de la fuite de pétrole qui a provoqué une gigantesque marée noire dans le golfe du Mexique, tandis que le président américain Barack Obama était à nouveau attendu vendredi dans la zone.

Des sous-marins télécommandés ont posé tard jeudi l'entonnoir sur le conduit sectionné de la tête du puits à environ 1.600 mètres de profondeur, mais il n'était pas clair si l'opération a réussi à stopper effectivement l'écoulement de brut, qui a provoqué la pire marée noire dans l'histoire des Etats-Unis.

Limiter la fuite

C'est un "autre développement positif dans les efforts de BP pour contenir la fuite (...) mais il faudra un certain temps avant que nous puissions confirmer que cette méthode va fonctionner et jusqu'à quel point elle pourra limiter la fuite de brut dans l'environnement", a déclaré l'amiral des gardes-côtes Thad Allen.

Le groupe pétrolier britannique, auquel la marée noire a déjà coûté 1 milliard de dollars, était allé jusqu'ici d'échec en échec, mais il avait réussi jeudi à sectionner le conduit à l'origine de la fuite, permettant ensuite la pose de l'entonnoir.

Solution provisoire

Selon le dispositif prévu par BP, cet entonnoir doit permettre de pomper le flot de pétrole jusqu'à un navire en surface. Mais les nappes de pétrole, qui continuent de se déverser dans le golfe du Mexique, ne permettaient pas aux ingénieurs de s'assurer que l'entonnoir était bien ajusté.

Le patron de BP, Tony Hayward, a indiqué jeudi que le groupe pourrait savoir "d'ici 12 à 24 heures" (heure locale) si l'opération est un succès, notant qu'il y avait "toujours un risque". BP compte ensuite sur la construction de deux puits de secours qui devraient être opérationnels à la mi-août, pour stopper définitivement la marée noire.

Redorer l'image

Dans le même temps, BP a continué son offensive pour défendre son image de plus en plus écornée, s'offrant des pleines pages de publicité dans les grands quotidiens américains. Le groupe a vu ses actions plonger et sa note a été abaissée par les agences de notation.

Son directeur général a admis que BP n'était pas préparé à un tel problème survenant en haute mer. "Ce qui est incontestable est que nous n'avions pas les instruments qu'il aurait fallu dans notre boîte à outils", a dit Tony Hayward, reconnaissant "qu'on était parfaitement fondé à faire des critiques à la compagnie" sur son manque de préparation.

Autre coup dur pour la compagnie : la facture présentée par le gouvernement américain qui réclame 69 millions de dollars au titre des frais engagés pour lutter contre la pollution.