L’empreinte carbone des Français stagne

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L’empreinte carbone des Français stagne
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L’amélioration de l’efficacité environnementale est compensée par davantage d'émission de CO2.

L’empreinte carbone des Français stagne à 9 tonnes de CO2 par an. Malgré les progrès techniques et les discours politiques, les rejets de dioxyde de carbone dans l'Hexagone se sont élevés à 439 millions de tonnes en 2007, soit une tonne de plus qu'en 1990, selon un rapport du Commissariat général au développement durable publié lundi. Cela ne veut pas dire pour autant que rien n’a changé, sans un boom de la consommation et de la production, les évolutions techniques auraient permis de réduire de 33% ce chiffre.

Des progrès dans l’industrie

70 % des émissions de CO2 résultent des activités de production et 30 % sont directement générées par les ménages. Les émissions de l’industrie ont dans l’ensemble reculé de 10 %, alors que celles des activités de services se sont accrues de près de 25 %. La hausse s’élève à 35 % pour les services de transport.

La consommation des ménages

Si les ménages ont des logements mieux isolés et des chauffages plus efficaces, la surface moyenne occupée par personne a augmenté. De même, si leurs voitures sont moins gourmandes, ils parcourent plus de kilomètres. A consommation égale les émissions auraient baissé de 18% pour le chauffage et de 13% pour les voitures. Dans ces deux cas, on est en présence d’un effet rebond. L’amélioration de l’efficacité environnementale est compensée par un usage accru.

Mauvais point pour l’électricité

La part d’électricité d’origine renouvelable dans la consommation intérieure a reculé de 0,6 % pour s’établir à 13,4 % en 2009, selon une autre étude du Commissariat général au développement durable. Les centrales nucléaires ont été moins productives, enregistrant une quatrième année de baisse (– 6,8 % en un an). Les barrages hydrauliques ont eux aussi moins produit (– 9,5 %). Les centrales thermiques au gaz, fioul et charbon ont plus fonctionné, et la part des importations (également d’origine fossile) a culminé à un maximum jamais atteint auparavant.

Champion du G8

La France est globalement sur la bonne voie. Les données utilisées pour l’étude sur les émissions de CO2 s’arrêtent en 2007. "Or, depuis, on a fait bien mieux dans la réduction de l'ensemble des gaz à effet de serre (GES) pris en compte par le Protocole de Kyoto", explique la Commissaire au Développement durable Michelle Pappallardo. Un optimisme confirmé par une étude canadienne portant sur les indicateurs d’efficacité des politiques climatiques des pays du G8. La France se trouve en tête du classement.