PSA va fermer son site de Melun-Sénart

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PSA va fermer son site de Melun-Sénart
@ Europe 1/Pierrick Fay
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400 personnes sont concernées par cette fermeture "progressive" du site du groupe.

PSA Peugeot Citroën a annoncé mardi son intention de fermer "progressivement" d’ici 2012 son site spécialisé dans les pièces détachées de Melun-Sénart, en Seine-et-Marne. Cet arrêt de production entrera dans le cadre d'un plan de réorganisation de la logistique du groupe automobile. En tout, ce sont 398 personnes qui sont employées sur le site. Mercedi matin, les salariés du site ont néanmoins pris leur poste comme d'habitude, dans le calme mais avec inquiétude.

Le constructeur automobile a dit vouloir "gérer cette fermeture par de la mobilité interne et des départs volontaires". PSA prévoit d'avoir recours à la mobilité interne avec 170 reclassements par an. D'autre part, le plan de départs volontaires, arrêté le 31 mars au niveau du groupe, est prolongé pour Melun-Sénart. Et la réorganisation de la logistique se traduira aussi par des créations d'emplois : une centaine de postes à Vesoul et d'autres postes dans les magasins de proximité.

Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a donc tenu à souligner mercredi que la fermeture du site de PSA à Melun-Sénart ne contrevient pas au plan de soutien à l'automobile car "il ne s'agit pas d'un site de production" et qu'il n'y aura ni disparition d'activité ni licenciements.

"Pas une surprise"

"Il y avait déjà eu il y a quelques années 200 suppressions de postes sur ce site et on avait des inquiétudes depuis", a expliqué Philippe Portier, délégué CFDT central. "Cette annonce n'est pas une surprise", a commenté un salarié du site de Melun-Sénart. Attendons le 20 avril pour décider des actions à mener", date à laquelle le sujet sera abordé lors d’un comité central d’entreprise, a-t-il ajouté.

Début 2010, un site de production de suspensions pour les Citroën C6 et C5 situé à Asnières, dans les Hauts-de-Seine, a été fermé au terme d'une baisse continue de son volume d'activité. Le constructeur automobile, qui s'était engagé à ne pas fermer d'usine en France et à ne pas licencier pendant cinq ans en contrepartie d'un prêt de 3 milliards d'euros de l'Etat, avait expliqué que le site d'Asnières était "un atelier, rattaché au site de Saint-Ouen", et non une usine. Pour Melun-Sénart, "PSA va jouer sur les mots et mettre en avant le fait que ce n'est pas un site de production", estime Philippe Portier.

En novembre 2009, le président du directoire du groupe Philippe Varin avait déclaré qu'il n'y avait "aucun projet de plan de restructuration, ni de nouveau plan de départs chez PSA". Mais cette fermeture de site s'inscrit dans une baisse des effectifs globaux du groupe en France qui étaient de 104.000 salariés en 2009. Elle intervient aussi alors qu'un plan de départs volontaires lancé en janvier 2009 et clos fin mars 2010 a concerné 5.700 personnes.

Pour 2010-2012, le groupe a aussi annoncé en novembre dernier la suppression de 6.000 nouveaux postes par le seul biais de départs naturels (retraites, démissions, etc.), accompagné d'un plan de gains de productivité de 20% pour avoir "des usines compétitives", selon le DRH du groupe Denis Martin.

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