Pôle emploi renforce les contrôles

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Pôle emploi renforce les contrôles
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REPORTAGE - Pôle emploi a mis en place de nouvelles méthodes pour faire la chasse aux fraudeurs.  

Alors que les chiffres publiés lundi montrent une nouvelle progression du nombre de chômeurs, la question de l'emploi est plus que jamais centrale pour le gouvernement. Afin d’éviter les abus et de recentrer les efforts de Pôle emploi sur ceux qui en ont vraiment besoin, l’agence a durci le ton et teste discrètement un nouveau dispositif dans quatre régions pour lutter contre la fraude. Une méthode qui s’explique par les besoins de l’assurance chômage de faire des économies, mais dont les méthodes inquiètent chômeurs et agents de Pôle emploi. Europe 1 s’est rendu à Fécamp, dans un centre expérimental.


Des chasseurs de fraudeurs. Pôle emploi a mis en place une plateforme téléphonique où les agents sont dédiés à la traque des fraudeurs. Ils épluchent environ cinquante dossiers par semaine et leur mission est de vérifier que vous cherchez bien du travail. Pour cela, ils appellent l’URSSAF, vos employeurs et vous, afin d’obtenir tous les justificatifs dont ils ont besoin.

Une traque impersonnelle. Certains agents s’inquiètent toutefois car à Fécamp, la plateforme Pôle emploi est à une soixantaine de kilomètres de la ville et les contrôleurs appellent les chômeurs sans les connaître. « Vous avez une personne qui vous appelle et demande des justificatifs. Moi Je ne mets pas en doute la bonne foi des demandeurs d’emploi, on voit si la personne cherche activement ou pas », explique au micro d’Europe 1 l'élue CGT Véronique Riesco.

L’inquiétude des chômeurs. Les contrôles ont, pour le moment, démasqué peu de grosses fraudes, mais les chômeurs s’agacent de devoir se justifier. « Il fallait justifier les demandes d’emploi. Je lui ai dit que je cherchais tous les jours du travail et on m’a proposé une offre d’emploi à laquelle j’avais déjà postulé. Je vais le refaire pour lui faire plaisir », s’agace au micro d’Europe 1 un transporteur au chômage depuis un an. Or, s’il ne fournit pas méticuleusement ses justificatifs, il risque une radiation de quinze jours. Entre la punition et le découragement, les contrôles sont la « double peine », assure Véronique Riesco.

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