Peut-on être renvoyé pour avoir rechargé son mobile au bureau ?

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Peut-on être renvoyé pour avoir rechargé son mobile au bureau ?
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La mésaventure est arrivée à un ouvrier allemand. Une procédure qui semble peu probable en France, question de culture.

Il occupait son poste depuis 14 ans. Un ouvrier d’une fabrique d'emballage en Allemagne a été licencié par son employeur pour avoir, à plusieurs reprises, rechargé la batterie de son téléphone portable sur son lieu de travail. Le coût de la recharge d'un téléphone portable s'élève à environ 0,014 cent.

Une telle procédure serait-elle possible en France ? Non, estime François Gaudu, spécialiste du droit du travail à l'université Paris I. Parce que dans l’Hexagone, "il y a une sensibilité assez faible au larcin" :


"Il y a des pays où le fait de rapporter chez soi à ses enfants un stylo qui vient du travail est considéré comme un acte grave. En France, c’est assez banal. Ce n’est pas considéré comme une faute. Or pour qu’un licenciement soit possible, il faut qu’il y ait un motif réel et sérieux", explique cet expert. Réel signifie "qui repose sur des faits objectifs, vérifiables et non sur une impression ou un jugement subjectif" et sérieux "c’est-à-dire suffisamment grave pour rendre inévitable le licenciement. Il convient d’apprécier les événements au cas par cas, selon leur ampleur, leurs conséquences sur la bonne marche de l’entreprise, les 'états de service' du salarié", rappelle leministère du Travail.

"Un employeur français n’aurait pas l’idée d’empêcher un salarié de recharger son portable", estime François Gaudu. "C’est plutôt la question inverse qui se posera : à quel moment le salarié aura le droit de l’éteindre ?"