Mory Ducros : audience cruciale sur fond de tensions

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Mory Ducros : audience cruciale sur fond de tensions
@ Capture d'écran site Mory Group
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Le plan de sauvetage semblait validé. Mais la signature de la majorité des syndicats n’est pas acquise.

Nouveau revers dans les négociations entre Arcole Industries, les syndicats de Mory Ducros et l’Etat. Vendredi, le plan de sauvetage semblait acquis. Lundi, on apprend que la CFDT, syndicat majoritaire au sein de l’entreprise pourrait se ranger du côté de la CGT et ne pas signer l’accord, indispensable au tribunal de commerce de Pontoise pour statuer. Dans la balance, plus de 2.000 emplois sauvés et 10.000 euros d’indemnisation pour ceux qui seront licenciés. Effrayés par un blocage qui condamnerait l’ensemble des employés au chômage, les employés de Mory Ducros se déchirent, alors qu'une audience cruciale pour ses 5.000 salariés se tient mardi devant le tribunal de commerce.

Les sauvés face aux licenciés. Un collectif des "2.210" salariés du transporteur Mory Ducros, dont les emplois sont potentiellement préservés dans le cadre d'une reprise par Arcole Industries, a "exhorté" les syndicats à signer l'accord. "La sauvegarde de 2.210 emplois et plusieurs milliers de sous-traitants ne peut pas être mise en péril", estime ce collectif dans un communiqué.

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La CFDT a les cartes en main. Le syndicat, qui représente 32% des employés, s’était prononcé en faveur du plan de sauvetage. Mais, selon les informations d’Europe 1, la base ne se satisfait pas des indemnités supra-légales promises et demande à ses représentants de ne pas signer l’accord. Laurence Gronda, déléguée syndicale de la CFDT de Besançon, estime que la somme promise "ne concernera pas tous les salariés licenciés et que la somme n’est pas suffisante". Autrement dit, le syndicat reproche au plan de ne pas préciser la répartition des indemnités. Sans la signature de la CGT et de la CFDT, le plan de sauvetage serait automatiquement rejeté, faute d’accord avec les syndicats.

“Je ne sais pas si il a réalisé qu’il avait entre ses mains la vie de 2.200 personnes, ainsi que celles de 3.000 autres qui vont partir dans des conditions précaires si il n’y a pas d’accord sur des primes supra-légales, s'emporte Viviane Sevin de Mory à Gonesse dans le Val-d'Oise. Je suis en colère. On a envie de continuer à travailler, on a envie que nos collègues partent dans une situation correcte. Ca peut faire tout capoter pour 5.000 personnes et 2.000 sous-traitants. Cette personne a 7.000 personnes dans ses mains”.

Dernier tour de table demain ? Le tribunal doit reprendre mardi à 14h30 son examen de l'offre de reprise formulée par Arcole, qui prévoit de conserver 2.210 salariés sur les 5.000 que compte le groupe placé en redressement judiciaire le 25 novembre.

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