Les inégalités hommes-femmes se retrouvent (aussi) dans le chômage

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Les inégalités hommes-femmes se retrouvent (aussi) dans le chômage
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Les femmes sont plus touchées par le chômage que les hommes et sont en plus discriminées par Pôle emploi, selon le CESE.

Au travail, les femmes sont victimes d’un plafond de verre et gagnent en moyenne 25% de moins que les hommes. Des inégalités qui ne sont que la partie visible de l’iceberg. Les femmes ne sont pas non plus l’égal des hommes dans le chômage. Une étude du Conseil économique, social et environnemental (CESE) publiée mardi montre que les femmes se retrouvent éloignées du marché du travail, quel que soit leur niveau d’étude.

Une inégalité chiffrée. Le taux de chômage de la population féminine était en moyenne de 9,7% en 2011 contre 8,8% pour les hommes. Si l’écart s’est réduit au fil des années, le sur-chômage féminin est "une constante tout au long du XXe siècle et au début du XXIe", note l’étude du CESE. Or, comme l’explique Monique Meron, statisticienne à la Direction des statistiques démographiques et sociales de l’Insee, "entre une chômeuse et une femme au foyer, les frontières statistiques sont quelques fois poreuses". La différence est toutefois importante car, dans le système administratif, un chômeur est un actif et une femme au foyer un inactif, non comptabilisé dans les chiffres du chômage.

Le chômage de l’ombre. Pour être compté comme étant au chômage, la personne doit "ne pas avoir travaillé ne sert-ce qu’une heure pendant la semaine de référence, rechercher activement un emploi et être disponible dans les quinze jours pour prendre un emploi", rappelle le CESE. Or, de nombreuses mères au chômage s’occupent de la garde des enfants, économisant ainsi le coût d’une crèche ou d’une nourrice. Le problème survient quand Pôle emploi leur propose un poste à pourvoir sous quinze jours : impossible de s’organiser. Les femmes se retrouvent ainsi exclues du marché du travail, car l’institution ne leur propose plus d’offres. "Sur les femmes pèse toujours le soupçon rampant de l’inactivité choisie", résume au micro d'Europe 1 Hélène Fauvel, rapporteur de l’étude du CESE.  

Plus de chômeuses que dans les chiffres publiés. L’enquête du CESE rappelle que les travaux de Margaret Maruani, sociologue et chercheuse au CNRS, sur l’invisibilité et la tolérance du chômage féminin tendent à montrer que l’indisponibilité et l’absence de démarches "transforment 560.000 femmes qui se disent et se pensent chômeuses en autant d’inactives". Et cette problématique n’est pas une question de niveau d’étude mais bien de genre, car selon une enquête de l’Insee de 2011, une femme au foyer sur cinq est diplômée de l’enseignement supérieur.

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