EXCLU - Baisse des subventions : les associations en danger ?

  • A
  • A
EXCLU - Baisse des subventions : les associations en danger ?
@ REUTERS
54 partages

EXCLU E1 - A cause de subventions en baisse, les associations commencent à réduire leurs effectifs. Certains parlent même de 200.000 emplois menacés.

Les associations sont-elles en danger ? En tout cas, elles font, elles aussi, les frais des coupes budgétaires et deux parlementaires s'en inquiètent dans un rapport qu'ils doivent remettre jeudi matin. D’autant que le financement public devrait encore se réduire, si bien que certaines associations avancent le chiffre de 200.000 emplois menacés.

Des aides publiques en baisse. Si le bénévolat continue à progresser malgré la crise, les subventions aux associations ne cessent, elles, d’être réduites. Sport, culture, insertion ou social : quel que soit le domaine, les aides publiques sont en baisse. Si bien qu’après avoir rogné dans ses autres postes de dépenses, le milieu associatif commence à tailler dans ses effectifs.

Des coupes assez importantes pour que des parlementaires tirent la sonnette d'alarme : la commission parlementaire "chargée d’étudier les difficultés du monde associatif dans la période de crise actuelle" doit rendre jeudi matin les conclusions de sa commission d'enquête et, à ses yeux, il y a de quoi s'inquiéter.

200.000 emplois menacés ? Car les emplois associatifs sont tout sauf anecdotiques : ils représentent un emploi sur dix dans le privé. C'est donc potentiellement un plan social géant qui se prépare, jusqu'à 200.000 emplois qui pourraient être supprimés d'ici trois ans, selon les estimations du collectif des associations citoyennes (CAC).

pole emploi, chomage

© MAXPPP

Les associations de moins de 10 salariés risquent particulièrement d’être touchées : "ce sont majoritairement les petites et moyennes associations qui vont être les principales victimes de ces restrictions budgétaires parce qu’elles ont des petits budgets de 50.000 ou 60.000 euros et -10%, c’est important", souligne Thomas Lecolley, du CAC. Avant de se montrer plus concret : "-10%, c’est ce qui va faire qu’on va devoir supprimer l’unique poste salarié d'une association, et par exemple un animateur jeunesse qui, du coup, ne pourra plus intervenir auprès des jeunes, ou une  conseillère juridique qui ne pourra plus aider les femmes violentées ou ce genre de poste".

Et le CAC de donner des exemples : les Points Accueil et Ecoute Jeunes (PAEJ), qui accompagnent les jeunes tentés par le suicide et ceux tombés dans la drogue, ont vu leurs subvention divisées par deux en 4 ans. Résultat, le nombre de structures est passé de 400 à 250. L'association Culture coeur offre aux plus défavorisés des places de concerts, d'évènements sportifs, etc : elle a vu ses subventions reculer de 60% en cinq ans et a dû réduire son budget informatique, son offre de sorties et la dimension de ses locaux. Et licencier fin 2013 un de ses quatre salariés permanents.

Les raisons d’un assèchement budgétaire. Le milieu associatif subit les conséquences des coupes budgétaires de l’Etat de plusieurs manières. Il y a d’abord la baisse des subventions de l’Etat, mais aussi de celles des collectivités locales. Ces dernières, qui vont elles-mêmes recevoir 11 milliards d'euros de moins de la part de l’Etat au cours des prochaines années, sont censées réduire la voilure. Or, elles versent plus de la moitié des subventions aux associations.

Et les entreprises sont dans la même dynamique : engluées dans la crise, elles donnent moins. Du coup, c'est le club de sport de la ville par exemple qui voit son sponsor disparaitre. Alors les associations misent désormais beaucoup sur la générosité des particuliers et c’est maintenant que cela se passe puisque 43% des dons se font en fin de l'année, dont la moitié au moment de Noël.