L’intéressement nuit à la hausse des salaires

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Alexis Toulon et Olivier Samain , modifié à
ETUDE - Les entreprises qui offrent de l’intéressement à leurs salariés rechignent à augmenter leurs salaires.

A l’embauche, certaines entreprises promettent des primes d’intéressement afin d’attirer les meilleurs candidats. Une aubaine à court terme pour les salariés, mais qui peut se montrer préjudiciable sur leur évolution salariale à long terme, comme le montre une étude du Centre d'Etudes de l'Emploi.

L’intéressement, une prime plafonnée. La prime d’intéressement dépend des accords ou de la convention d’une entreprise. Elle varie en fonction des salaires, du temps de présence, de la répartition entre salarié ou en mélangeant ces trois conditions. Elle est basée sur les résultats ou la performance de l’entreprise et ne peut dépasser 18.774 euros par an. Elle présente l’avantage pour l’entreprise d’être exonérée de cotisations sociales. Toutefois, elle est soumise à l’impôt sur le revenu, sauf en cas de versement sur un plan d'épargne d'entreprise (PEE), un plan d'épargne interentreprises (PEI) ou un plan d'épargne pour la retraite collectif (Perco).

Un bon investissement de court terme. Le Centre d'Etudes de l'Emploi a suivi pendant huit années deux groupes d'entreprises aux caractéristiques identiques. Le premier groupe a mis en place un accord d'intéressement, pas le second. Dans les deux cas, la rémunération a augmenté de la même manière. Toutefois, on remarque que dans le premier groupe d'entreprises, cette augmentation est composée de la hausse des salaires et des primes d'intéressement quand dans le second groupe, elle provient uniquement de la hausse des salaires. Conclusion : les entreprises qui versent de l'intéressement finissent, au bout de quelques années, par être moins généreuses en augmentations de salaires.

Cela n'aurait pas de conséquence si les primes d'intéressement étaient soumises au même régime que les salaires. Or, elles ne donnent pas lieu au versement de cotisations sociales, ce qui prive le régimes sociaux d'une part de leurs ressources.

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