Chute de 34% des revenus des agriculteurs en 2009

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Chute de 34% des revenus des agriculteurs en 2009
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Les éleveurs laitiers et les arboriculteurs sont les plus touchés avec une baisse de plus de la moitié de leurs revenus.

Les agriculteurs français ont enregistré en 2009 une baisse de plus d'un tiers de leurs revenus, un coup dur après une année 2008 déjà difficile et qui touche particulièrement les producteurs de lait, un secteur toujours en ébullition. La chute était déjà de 20% en 2008, selon les comptes prévisionnels de l'Agriculture publiés lundi par le ministère de l'Agriculture.

Le revenu annuel moyen des agriculteurs devrait se situer en 2009 à 14.500 euros, environ moitié moins que le record de 28.500 euros de 2007. Et leur revenu de 2009 sera inférieur à celui du début des années 1990. Ces revenus comprennent les aides européennes et françaises perçues par les agriculteurs.

Les éleveurs laitiers sont les plus touchés avec une baisse de plus de la moitié (-54%) de leurs revenus, devant les arboriculteurs (-53%) et les exploitations spécialisées dans les céréales et les oléo-protéagineux (-51%). Les revenus moyens des éleveurs laitiers pour 2009 atteindront les 9.000 euros, bien en-dessous du Smic. C'est moitié moins que leurs revenus 2008 (19.000 euros), un pic alors dû à la flambée des prix du lait en 2007 et 2008.

Ces chiffres confirment "la gravité de la crise", a réagi le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire. Il avait prévenu dès le mois d'août que l'agriculture française traversait "la plus grave crise depuis trente ans". Pour le ministre, ces données, qui seront affinées en juillet prochain, "justifient" le plan d'urgence annoncé fin octobre par le président de la République.

De façon unanime, les acteurs du secteur ont fait part lundi de leur inquiétude. Le syndicat majoritaire, la FNSEA, fait état d'une "situation désespérée" des agriculteurs tandis que les Chambres d'agriculture évoquent "un effondrement annoncé". Pour la Confédération paysanne, "les paysans sont au bord du gouffre" et la Coordination Rurale (CR) parle d'un "bilan consternant".