Castres, une ville qui ne peut se passer des laboratoires Pierre Fabre

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Castres, une ville qui ne peut se passer des laboratoires Pierre Fabre
@ REMY GABALDA/AFP
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EMPLOI - Des centaines de personnes ont manifesté samedi pour protester contre le plan de licenciement prévu.

Samedi était une journée de mobilisation à Castres, dans le Tarn : des centaines de personnes ont manifesté malgré une pluie battante pour protester contre la suppression annoncée de 551 emplois au sein du groupe pharmaceutique Pierre Fabre. Une mobilisation justifiée par le fait que l'entreprise se porte bien mais aussi et surtout parce qu'elle est le premier employeur de la commun.

Pierre Fabre, un poids lourd qui veut dégraisser. Les pastilles Drill, les crèmes Dexeryl, l'antiallergique Primalan, les produits Klorane, les shampoings René Furterer, l'eau thermale Avene, etc. : derrière toutes ces marques, il y a les laboratoires Pierre Fabre, troisième laboratoires français derrière Sanofi et Servier. L'entreprise, qui emploie près de 10.000 personnes dans 44 pays, est donc un poids lourd de la santé.

L'entreprise gagne de l'argent mais doit faire face à une évolution : les activités de sa branche pharmaceutique et recherche stagnent alors que sa branche dermo-cosmétique ne cesse de se développer. Pour préserver sa rentabilité, la direction a donc décidé en décembre 2014 de lancer un plan de restructuration baptisé "Trajectoire 2018", synonyme de plus de 500 suppressions de postes en France.

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© REMY GABALDA/AFP

Castres, une ville qui ne peut se passer des laboratoires. S'il y a une vile qui redoute ces suppressions de postes, c'est bien Castres. Les laboratoires Pierre Fabre y ont installé leur siège social et sont l'un des premiers employeurs de la commune. L'annonce de la suppression de 8% des effectifs français est donc vécu comme une menace dans cette ville qui voit son autre principal employeur, l'armée et le 8ème RPIMA, réduire la voilure.

Premiers concernés par la restructuration annoncée, entre 800 et 2.000 habitants de Castres n'ont donc pas hésité à braver la pluie pour manifester. Car au-delà des revendication des salariés eux-mêmes, "c'est le bassin castrais qui nous préoccupe le plus", a assuré le délégué syndical central de la CGT Fabrice Barcq.

"Je suis, je veux rester Pierre Fabre". Au milieu des drapeaux de la CGT, de FO et de la CFE-CGC, on pouvait voir de nombreuses pancartes interpellant l'entreprise. Sur une photo de Pierre Fabre, décédé l'an dernier, on pouvait lire: "Entreprise bénéficiaire, employeur bénéficiaire, ampleur et condition du PSE (plan de suppression d'emploi) inacceptables". "Je suis, je veux rester Pierre Fabre", indiquait une autre pancarte tenue par une salariée de l'entreprise, tandis qu'un autre affichait un "SOS d'un salarié en détresse".

Les salariés réclament notamment que les laboratoires, plutôt que de fermer plusieurs cellules de recherche, proposent à leurs employés une mise à niveau. "Nous demandons à la direction de ne pas laisser de personnes sur le bas-côté en faisant le constat que ses qualifications ne correspondent plus à l'entreprise", a déclaré le délégué CGT. "C'est de votre (à Pierre Fabre) ressort de les former à de nouveaux outils", a-t-il souligné. Et ce dernier d'ajouter : "j'ai l'impression d'être un 'looser' me confient certains chercheurs". Une revendication à moitié entendue, l’entreprise proposant des possibilités de reconversion ou de reclassement interne qui devraient permettre de réduire par deux le nombre de licenciements secs.

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