Election pour la direction générale de l’Unesco : une bataille acharnée

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

L’Unesco élit son Directeur général. Premier tour ce soir, c’est le dénouement d’une campagne qui dure depuis des mois.

Une bataille acharnée, menée à coups de petits fours. De promesses. Parfois d’enveloppes.
L’Unesco, c’est l’agence de l’Onu pour la culture, un machin dans le machin. Les bâtiments des années 50 sont plantés derrière l’Ecole militaire et semblent avoir été déménagés de Brasilia. Ils ont souffert en route.
Quand on demande combien de gens y travaillent, on vous répond un quart. Qui sont-ils ? Des hauts-fonctionnaires. Dans les délégations, une légion d’espions. Et puis deux cents ambassadeurs qui finissent une carrière à Paris, il y a pire comme exil. Certains ont même acheté leur poste, on se souvient du marchand d’armes brésilien Pierre Falcone qui était ambassadeur de l’Angola. L’Angola en guerre se fichait de l’éducation, des sciences et de la culture, elle préférait l’artillerie. Il y a aussi Jean d’Ormesson qui y a dirigé pendant des décennies la revue de sciences humaines.
Car l’Unesco, c’est ça : des conférences, des programmes éducatifs, des missions d’évaluation. C’est savant et très politique, une résolution l’an dernier a réussi à nier le caractère juif de Jérusalem. Le truc que tout le monde retient, c’est l’inventaire du patrimoine mondial.

Pour l’élection, un autre inventaire mondial : neuf candidats mais il paraît que c’est le tour des Arabes.

La dernière fois, c’était déjà le tour des Arabes mais une Bulgare leur est passée devant. Cette fois ci, il y a un Qatari qui fait une campagne dorée sur tranche, évidemment. L’Égypte présente une femme mais être ministre du maréchal Sissi n’est pas une référence en matière de droits de l’homme. Reste une Libanaise incarne l’Arabie tolérante, le meilleur du multiculturel, elle connaît l’institution par cœur. Enfin, il y a Audrey Azoulay, l’ancienne ministre de la Culture de François Hollande, ce qui pourrait laisser croire que la France est un pays arabe. C’est excessif.

Sa candidature pose problème ?

Il existe une règle tacite : le pays hôte renonce à diriger l’institution. Il n’y a jamais eu d’Américain à la tête de l’Onu. Ni d’Autrichien pour diriger l’Osce à Vienne. Le Fmi à Washington est piloté par des Européens, on se souvient de Dominique Strauss-Kahn. Il a fait beaucoup pour l’image de la France. L’équipe Hollande aussi.

C’est à dire ?

Au printemps, Ségolène Royal a tenté de prendre la direction du PNUD, l’agence de l’Onu pour le développement. Elle a raté l’oral, il faut parler anglais. Philippe Douste-Blazy a été récusé à la tête de l’Oms au début de l’année. François Hollande lui-même se serait bien vu Président du Conseil européen, poste pourtant réservé aux dirigeants des petits pays. Que des candidatures d’excellence, on se croirait à l’Eurovision.
Un arriviste qui n’arrive pas, c’est triste. Mais l’arrogance plus l’impuissance, c’est le plus sinistre des cocktails (d’ambassade).