Trump menace une nouvelle fois

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Le discours très attendu de Donald Trump hier à l’Onu. Le président américain a multiplié les déclarations fracassantes, il s’en est pris à la Corée, à l’Iran, au Venezuela. Est-ce que c’est grave ?

Si Donald Trump avait promis la paix universelle, il vous aurait déçu. Et même peut-être inquiété car on soupçonne le pire quand on regarde un politicien et qu’on entend chanter les anges. Hier, Donald Trump a fait le Donald. Ca rappelait ses discours de campagne. C’est comme cela qu’il a été élu. Les hommes politiques manquent d’imagination, quand un truc a marché, ils sont tenté de le répéter, le Président Macron à l’ONU hier ressemblait beaucoup au candidat Macron en meeting, la vision, l’inspiration, le ton. Le Donald joue plutôt les fiers à bras, prêts à renverser la table et il a vidé son chargeur comme à la foire du trône. A la place de Tricky Hillary, d’Hillary la Tricheuse, il y avait Kim the Rocket man, l’homme missile, que les Nord-Coréens surnomment plutôt Génie des génies, Grand soleil du XXI° sicle, et même, un comble, Commandant suprême comme le président américain. Bref, Trump a réussi à réveiller l’auditoire, à choquer l’establishment et à être dans toutes les conversations au bureau ce matin. C’est ce qu’il voulait. Qui a dit que les Etats Unis étaient devenus une super-impuissance ? L’Amérique est grande encore grande et son président est immense.

Il a menacé de détruire totalement la Corée du Nord

Il a dit précisément : "Si les Etats-Unis sont contraints de se défendre, nous n’aurons pas d’autre choix que de détruire totalement la Corée du Nord". Ce n’est pas une menace, c’est une évidence. C’est le B.A Ba de la dissuasion. Montrer ses muscles pour ne pas s’en servir, c’est pour cela qu’il y a des types balèzes à l’entrée des boites de nuit. Ça calme les bagarreurs qui ont le vin mauvais. Evidemment, cela ne va pas suffire à calmer Kim Jong Un mais s’il vitrifie Guam ou la Californie, comme il promet de le faire, la Corée du Nord sera renvoyée à l’âge de pierre. Avis à Xi JinPing et à Vladimir Poutine qui sont restés chez eux dans leurs palais et qui comprennent sûrement ce discours.

Et la remise en cause de l’accord nucléaire signé avec l’Iran ?

Rien n’est fait. Tous les trois mois, la Maison Blanche doit confirmer au Congrès que l’Iran respecte l’accord. Trump l’a déjà fait deux fois depuis son élection. Le prochain rendez-vous est mi-octobre. D’ici là, il va continuer d’émettre des signaux totalement contradictoires. Et les diplomates s’arrachent les cheveux. Mais c’est le fin mot de la politique étrangère de Trump. Il l’avait annoncé pendant la campagne, dans le seul discours qu’il ait lu mot à mot au prompteur. Sa politique étrangère sera im-pré-vi-si-ble. Il s’y tient. Avec lui, plus c’est simple, moins ça l’est. Plus il est catégorique, moins il est clair.