Terrorisme aux États-Unis : le décret trump aurait-il pu empêcher les 10 dernières attaques ?

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Vincent Hervouët vous parle international est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Sébastien Krebs traite d’un sujet international.

Sébastien Krebs remplace Vincent Hervouët du mercredi 1er novembre au vendredi 3 novembre 2017.

Après l'attentat terroriste qui a fait huit morts à New York, Donald Trump en appelle à renforcer les contrôles aux frontières.

Le président américain a été curieusement beaucoup plus prompt à réagir et à annoncer des mesures qu'après la fusillade de Las Vegas.
Une série de tweets, dans son style inimitable : "être politiquement correct, c'est bien, mais pas là-dessus !" s'énerve-t-il sur son smartphone pour annoncer qu'il ordonne immédiatement un renforcement des vérifications "déjà extrêmes", dit-il, des étrangers entrant aux États-Unis, sans que personne ne précise de quoi il s'agit.

On sait que depuis la semaine dernière, les États-Unis imposent aux compagnies aériennes des contrôles déjà plus stricts à l'embarquement des vols vers l'Amérique qu'au mois d'aout. La procédure pour obtenir un titre de séjour, la fameuse carte verte, a été alourdie avec entretien obligatoire en tête à tête.

Mais en réalité, ce n'est pas de cela dont il s'agit. Si Donald Trump a été si prompt à réagir et s'il a parlé d'immigration avant même d'adresser ses condoléances aux victimes, c'est d'abord pour relancer son bras de fer avec la justice américaine.

Il voulait interdire l'entrée aux États-Unis à tous les musulmans (c'est ce qu'il promettait pendant sa campagne), ses tentatives de décrets visant un certain nombre de pays ont toutes échoué. Dernier en date il y a 15 jours à peine, c'était le troisième. Il visait six pays musulmans (Syrie, Libye, Iran, Yémen, Chad et Somalie) mais également la Corée du Nord et les dirigeants vénézuéliens, retoqué à son tour par le juge de Hawaï, toujours le même et toujours le même motif : discriminatoire, sans compter que rien ne prouve, dit le juge, que cela protège les intérêts américains.

Est-ce qu'on sait si ce décret aurait pu empêcher les dernières attaques ?

Regardons d'un peu plus près ce que l'on sait de l'assaillant d'hier à New York. Selon les médias américains, un immigrant légal, il avait le statut de résident originaire d'Ouzbékistan, un pays non concerné par les décrets Trump.

Les attaques précédentes ? Le Washington Post a fait un compte très précis. Il y a eu depuis 2001, 10 attaques mortelles aux États-Unis, liées à l'islam radical. Six des assaillants étaient nés aux États-Unis. Celui d'Orlando par exemple, celui de San Bernardino ou les deux frères assaillants du marathon de Boston : l'un d'eux naturalisé, l'autre immigrant légal d'origine kirghize.

Aucune de ces 10 attaques n'aurait été empêchée par le décret Trump.

La menace, comme cela a aussi été le cas ailleurs, est venue de l'intérieur même de l'Amérique. Les choses sont un peu plus complexes qu'un simple tweet.