Teresa May, souffre-douleur de l'Europe

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouët traite d’un sujet international.

Le Conseil européen va entériner ce matin l’accord conclu avec Londres sur les modalités du Brexit. Hier soir, les dirigeants européens ont applaudi Teresa May !
C’est bien la première fois ! Elle a de quoi se réjouir. Elle n’en a rien montré. Parmi tous les dirigeants européens réunis ce matin, Angela Merkel est la seule qui lui ressemble un peu. La même génération, toutes les deux filles uniques et filles de pasteur, pas d’enfant, aucun gout des mondanités, bosseuses, toujours dans le contrôle, prudentes au point de paraitre hésitantes, libérales et conservatrices. Mais comparée à Teresa, Angela est une frimeuse, un bout en train.
L’anglaise est un sphinx.
Et puis surtout, comparée à Teresa, Angela vit chez des bisounours. Ils la respectent.
Les Britanniques ne respectent pas Teresa May ?
Les Européens encore moins ! Si on disait à Teresa, "balance ton porc", elle n’aurait que l’embarras du choix. Y a-t-il aujourd’hui en Europe, une femme d’État qui ait subi autant d’outrages ? Elle a réussi malgré les souverainiste qui la raillent, les fédéralistes qui la méprisent sans se cacher ou la plaignent avec hypocrisie.
Hier en voulant enfin être aimable, la Commission européenne a dit que l’accord avec Londres était un accord entre gentlemen… Sans rire !
Négocier un divorce n’est jamais une partie de plaisir.
Avoir à divorcer du Commissaire Barnier sans l’avoir jamais épousé, ça mérite du respect, non ?
Surtout quand on se souvient qu’il réclamait 100 milliards d’euros pour solder le ménage… Il n’en aura même pas la moitié, 40 à 45. L’air de rien, May, l’ancienne banquière sait compter.
C’est une fille dure. Elle a été six ans ministre de l’Intérieur, plus longtemps que tous ses prédécesseurs depuis un siècle. C’est elle qui faisait tourner des camions avec l’Affiche « go home » dans les quartiers d’immigrés où vivent des clandestins…
Depuis l’échec des élections qui ont raboté sa majorité, ses rivaux du parti conservateur conspirent pour la renverser. Elle résiste, stoïque. Avant-hier encore, quelques députés pro européens l’ont défiée et cela obligera le gouvernement à faire voter tous les compromis qui auront été négociés avec Bruxelles. Tant que tout n’aura pas été conclu, rien n’aura été conclu !
En France ou l’on aime les Hommes d’État quand ils souffrent, on devrait adorer Teresa. Et se méfier de ceux qui voudraient la remplacer.
L’Europe est sur ses gardes !  
A ce Conseil, il y avait deux autres sujets importants. La finance : elle oppose les pays du nord et du sud. Et les migrations qui opposent l’est et l’ouest du continent. Impasse totale. En fait, depuis deux ans, la seule chose sur laquelle les Européens sont restés unis, c’est pour punir les Britanniques.
Les Anglais roulent à gauche, ils font tout à l’envers. Ils n’ont pas de bouc émissaire. Ils préfèrent les chèvres émissaires !  Ils en ont même deux. La reine Elisabeth vit dans un zoo qui s’appelle Buckingham et sa vie aussi est un sacrifice. Rule Britania !