Teresa May et Angela Merkel : deux femmes qui s'accrochent au pouvoir et plombent la relance de l'Union européenne

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

À Londres, Teresa May remanie. Elle a commencé hier, elle continue aujourd’hui. Elle veut un gouvernement plus jeune, plus féminin, un nouveau souffle pour mener le Brexit.

Dit comme cela, on croirait qu’il y a une femme forte à Londres. Comme Churchill à la barre tenant tête à l’Europe allemande, le peuple avec lui, la presse et la City contre lui.
Bernique ! Térésa May replâtre. Elle est tellement faible qu’elle n’a pu se débarrasser ni de David Davis, le ministre du Brexit, ni de Boris Johnson, au Foreign Office, ni de Philip Hammond aux Finances, ni d’Amber Rudd à l’Intérieur. Des poids lourds qui plombent tout ce qu’elle tente et piétinent exprès ses escarpins et ses cuissardes vernies, car elle a une collection à damner un fétichiste, c’est toute la fantaisie de Teresa.
D’ailleurs, il faut s’arrêter un instant sur les perversités locales, qui nous rendent les Britanniques toujours un peu étranges.

Si Teresa May doit remanier, c’est la faute à Harvey Weinstein.

La vague puritaine a traversé l’Atlantique et Térésa a surfé sur l’indignation, la compassion, l’allumeuse jurant d’être intraitable. Son ministre de la Défense a été le premier à se dénoncer. À cause d’une ridicule histoire de main sur le genou d’une consœur qui avait menacé de lui donner des claques.
Et puis, repelote, il y a le vice Premier ministre qui portait si bien son titre.
Il y a dix ans, Damian Green a collectionné des vidéos pornographiques sur son ordinateur. Et alors ? me direz-vous. Et alors, l’ordinateur était son outil de travail de député, à la Chambre des Communes. Quand la police a mis la main dessus, il a été sermonné. Il paraît qu’il y a tous les jours des centaines de tentatives de connexions à des sites classés X via le site parlementaire. La Chambre se distrait comme elle peut, la chambre est commune.
Dix ans après, une femme accuse Green d’avoir posé la main sur sa cuisse. L’histoire des vidéos ressort, il nie tout en bloc. Il est confondu. Déshonoré, démissionné. L’intraitable Teresa perd son bras droit à la main trop leste.
Peut-être que le porno rend sourd. La prétention de l’Anglaise à la vertu l’a aveuglée.

Hier matin, le ministre de l’Irlande du Nord a lui aussi démissionné à la surprise générale.

Il prétexte des raisons de santé. Évidemment, filer à l’anglaise en plein remaniement est une désertion.
En plus, le Parti Conservateur s’est trompé de ministre en annonçant le parachutage à sa tête d’un nouveau Président. Il a fallu rectifier ajoutant à l’impression de chaos.
Bref, Térésa May voulait reprendre la main, elle montre qu’elle n’en a plus.
On se demande pourquoi elle tient tant à rester au pouvoir, alors qu’elle n’a aucun pouvoir.
À sa place, un homme partirait sous les quolibets. Mais Térésa May reste et on la plaint.
Comme Angela Merkel la chancelière qui chancelle mais qui s’accroche.
En politique, il n’y a pas de faible femme.