Syrie : les bombardements de représailles sont attendus

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Le compte à rebours en Syrie où l’on s’attend aux bombardements promis par les Occidentaux.
Vous avez remarqué, Donald Trump ne rit jamais, il  sourit peu. Et pourtant, on l’entend qui se tape sur les cuisses quand on lit son tweet d’hier à Vladimir Poutine.
On dirait une nouvelle version du Dr Folamour. C’est un sketch. "Les missiles arrivent, beaux, nouveaux, intelligents"
A quoi rime l’avertissement ? Pourquoi ce ton badin ?
Théodore Roosevelt recommandait pour se faire entendre, de parler doucement avec un gros bâton en main.
Personne n’a imaginé se faire respecter avec une boite d’allumettes au milieu de la poudrière et en fanfaronnant au mégaphone "Attention, j’arrive !"
C’est d’autant plus surprenant que Donald Trump prétend qu’il faut toujours rester imprévisible.
Il y a un précédent.
Il est déjà arrivé que les Présidents Américains et Français préparent ensemble un raid de représailles au Proche-Orient, qu’ils l’aient justifié comme un raid de dissuasion, qu’ils s’en vantent par avance, que leurs militaires se coordonnent… Et qu’au dernier moment, ils cherchent à éviter l’escalade en disant à l’ennemi, c’est pour rire !
Cela remonte à 35 ans.
Après deux attentats simultanés à Beyrouth, contre la base des Gi’s et contre le drakkar des paras français.
58 bérets rouges français sont tués et François Mitterrand annonce à la télévision : "Ce crime ne restera pas impuni".
On dirait Emmanuel Macron.
Le lendemain, les Super-Etendart décollent du Clemenceau. Au dernier moment, les Américains jettent l’éponge. Les Français continuent, seuls.
On ne peut pas confondre François Mitterrand et François Hollande.
Les bombardiers français tapent dans la bekaa un groupuscule chiite pro-Iranien, le futur Hezbollah.
Sauf que les miliciens viennent juste d’évacuer les lieux. Pourquoi ? Parce qu’ils ont été prévenus. Par qui ? Par le plus haut des fonctionnaires du Quai d’Orsay. Pourquoi ? Parce qu’il a reçu l’ordre. Le raid n’a tué que des lapins.
Et un berger qui passait par là.
On ne peut pas dire que les Paras ont été vengés.
On a fait semblant. Les familles sont flouées. Les pilotes qui ont pris des risques, se sentent trahis.
Ensuite, la France abandonne discrètement le Liban à son chaos.  
Le Hezbollah prospère : il domine désormais la scène régionale. Pour cela, il a payé le prix du sang. Le Hezbollah fait la guerre depuis 35 ans. Avec tous les moyens, même légaux.
Le terrorisme est aussi répugnant que le gaz.
Morale de l’histoire. Quand on fait la guerre en Orient, on ne fait pas semblant. On ne fait pas le malin en tweetant. On ne fait pas la morale, à la télé en prétendant l’imposer aux Affreux. On ne fait pas la guerre à dix mille pieds en espérant qu’il n’y aura pas d’escalade.
On serre les dents, on se prépare à encaisser. C’est dur, c’est long, c’est cher, ca fait mal.
Ou alors, c’est de la com. Juste une posture. Pas une politique. En tout cas, pas une politique étrangère.