Sommet à Erevan : l’Arabie Saoudite candidate à la francophonie

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Emmanuel Macron part en Arménie où s’ouvre le sommet de la francophonie.

N’imaginez pas le Président comme un PDG qui filerait le cœur léger, après avoir renouvelé son comité exécutif. Emmanuel Macron va en Arménie avec l’intégrale d’Aznavour dans ses bagages et un carnet de rendez-vous plein pour 48 heures. C’est pas du tout un programme de week-end !

Il va retrouver les dirigeants de pays qui parlent français. Il y en a sur tous les continents. Le français est universel, alléluia ! Et l’organisation internationale de la Francophonie encore plus ! Elle regroupe 84 pays, près de la moitié de l’humanité. C’est beaucoup pour une langue pratiquée par 3% seulement de nos contemporains.
L’explication, c’est Jacques Chirac qui a fait de l’OIF, un club pour tenir tête à l’hyperpuissance américaine, accueillant tous ceux qui frappaient à la porte, les voisins, les curieux, ceux qui se sentent seuls, les amis d’un jour.

La Francophonie, ce n’est plus seulement la défense d’une langue.

Elle défend aussi des valeurs ! La paix, la démocratie, les droits de l’homme. C’est une petite ONU, mais avec trop d’ambition, trop de monde à bord et trop peu d’argent. Cela tient de la SDN. On blablate de tout en français.
C’est un gâchis mais ce n’est pas une honte.
Ça risque de le devenir.
Voilà que l’Arabie saoudite frappe à la porte. C’est gênant. Comment refuser l’entrée à Mohamed Ben Salmane, despote éclairé et si bon client. Oui mais comment accepter une théocratie qui méprise les droits de l’homme et ceux de la femme et qui exporte son fanatisme dans les mosquées de toute la planète ?
Il y a pourtant des Saoudiens qui partagent les idéaux de la francophonie. Il y en avait un au moins un, journaliste en exil. Jalal Khashoggi est porté disparu depuis qu’il est entré au consulat saoudien à Istambul, il y a huit jours. La police turque doit fouiller les lieux aujourd’hui. Elle ne le trouvera pas.
Son fantôme va hanter le sommet d’Erevan, comme celui de Charles Aznavour.