Sans Steve Bannon, Trump n'a plus que des amis

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Le feu et la colère, le livre au vitriol qui prétend que Donald Trump est incompétent et que tout son entourage le sait. Le Président et ses conseillers ont passé le week-end à démentir. Le livre a déjà fait un mort, Steve Banon.

Quand on est conseiller du Prince, il vaut mieux passer pour un imbécile que pour un bavard. Dans le livre, Steve Banon s’en prend au fils Trump. Crime de lèse-majesté auquel Trump le père a réagi comme un homme trahi.
Un politicien qui dénonce la trahison, c’est incongru comme une prostituée qui dénoncerait l’adultère.
Mais Donald Trump n’est pas un professionnel.
Il a donc dénigré son ancien conseiller, (il est bidon), nié son influence passée (il n’a joué aucun rôle) et il fait le vide autour de lui (en le privant notamment de ses principaux bailleurs de fonds).
Washington jubile, surtout les chapeaux à plumes du Parti républicain qui ont rejoint le Président à Camp David, tout sourire. Ils détestent Banon. C’est l’ennemi. Le grand imprécateur de l’establishment, surtout de la droite molle. Il prétend défendre la cause du peuple, contre la classe politique aveugle devant les dangers de l’immigration, contre les banques irresponsables, contre les progressistes qui font le lit des islamistes.
C’est d’ailleurs une curiosité.
Ce gros rebelle a été officier dans les Marines, il est passé ensuite par Harvard, il a gagné beaucoup d’argent comme banquier chez Goldman Sachs, il a produit à Hollywood des films de Sean Pean ou avec Antony Hopkins. Ça fait un parcours d’excellence à l’américaine, ça vaut bien l’ENA. Et pourtant, Banon est en guerre contre tous et se vivait à la Maison Blanche comme un infiltré.

Personne ne va le pleurer.

Chateaubriand sur le point d’être limogé du Quai d’Orsay raconte la joie mauvaise qui l’entoure: "C’était quelqu’un qui tombait, cela fait toujours plaisir".
À Washington, il y a beaucoup de plaisir, la purge est permanente. Banon est unanimement détesté, joie redoublée.
Est-ce qu’il peut revenir ? Avec Trump tous les retournements sont possibles.
Ce week-end, il s’est tellement retourné, on dirait un derviche tourneur.
Il s’est dit prêt à parler avec Kim Jong Un qu’il traitait hier de petit gros.
Il a dit que le livre de Michael Wolf était dérisoire, alors que jeudi, il voulait le faire interdire.
Il y a eu enfin ces retrouvailles enthousiastes avec les dirigeants du Parti républicain, alors qu’ils sont les syndics de faillite des élections à venir.

Il s’est aussi dépeint comme un génie et quelqu’un de très stable.

Son entourage a renchéri. On se demande ce qu’ils exagèrent le plus de ses capacités intellectuelles ou de son caractère égal !
Mais ce que raconte le livre comme le spectacle du week-end, c’est un président qui campe dans l’immédiateté, celle du tweet, du plan de com, du marketing électoral. Avec un seul conseiller, une seule stratégie, son humeur changeante.