Sahel : Jean-Yves Le Drian sonne le tocsin au Conseil de sécurité

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Vincent Hervouët vous parle international est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

La France sonne le tocsin pour le Sahel, son ministre des Affaires étrangères est exprès à New York.

Jean-Yves Le Drian ne se met pas en avant, il garde un air modeste, le regard surpris, c’est pour cela qu’il est populaire. Depuis qu’il est ministre des Affaires étrangères, on dirait qu’il est au placard. Un placard très aéré, comme un balcon sur le monde, un placard doré, avec un jet à Villacoublay, un Palais au bord de Seine, un château pour les week-ends dans la banlieue ouest. Mais un placard où il vit calfeutré au point qu’on l’oublie, il faut remonter à Couve de Murville sous De Gaulle pour trouver un ministre qui fasse aussi peu d’ombre à son Président.
Au ministère de la Défense, Jean-Yves Le Drian était davantage à son affaire, il faisait des affaires. Pendant cinq ans, il a fait des étincelles comme marchand de canons. Dans tous les sens du terme, un vendeur du Tonnerre ! Les flatteurs avaient surnommé Le Drian "Le glaive du Président", on aurait pu aussi l’appeler le tiroir-caisse, c’est moins prestigieux mais on imagine mieux François Hollande derrière un comptoir qu’à moitié nu dans l’arène, le glaive au poing.
En tout cas, le Breton va avoir besoin de tout son talent pour convaincre le Conseil de sécurité qu’il préside tout à l’heure de le suivre au Sahel.

Les 4.000 soldats de l’opération Barkhane sont enlisés ?

L’intervention au Mali a balayé les djihadistes. Un triomphe militaire pour François Hollande, le plus beau jour de sa vie à Tombouctou. Et ensuite, une déroute politique, les accords signés entre Maliens du Nord et du sud sont restés lettre morte. Les terroristes en profitent, la guérilla s’étend et déborde au Niger et au Burkina. Les Blancs avaient été accueillis en libérateurs, quatre ans après, ils ressemblent à une troupe d’occupation.

Mais il y a aussi les casques bleus de la Minusma.

12.500 hommes, mais pour faire la paix, pas pour faire la guerre. Les djihadistes les tuent comme on tire à la cible. Déjà 80 morts en opération. Il y a aussi le renfort des Anglosaxons, plusieurs centaines d’hommes des forces spéciales, que la mort de quatre Américains au Niger vient de révéler à l’opinion publique qui ignorait cette petite guerre au loin.
En vérité, les étrangers n’arrivent pas à endiguer le cancer djihadiste. Leur espoir, c’est donc le G5. Le Sahel aux Sahéliens ! Que les armées des cinq pays de la région tiennent leur territoire, grand comme l’Europe. Dans le lot, il y a deux vraies armées, les Tchadiens et les Mauritaniens, les autres sont bonnes pour les défilés ou les coups d’état.
Ce G5 a besoin de 400 millions d’euros. On lui a promis 100 millions. À New York, la France cherche le reste. En prenant le monde à témoin pour forcer la main des Américains.
C’est en cela que le Breton est bon, que Le Drian est grand.