Russes et Nord-coréens ont déjà gagné les JO : la guerre froide deuxième manche !

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

La confusion à une semaine des JO. La bataille entre le CIO et le Kremlin rebondit, un vrai feuilleton de guerre froide.

Le tribunal arbitral du sport réhabilite des champions russes que le CIO avait exclus pour dopage. On leur rend leurs médailles mais on ne sait pas s’ils participeront aux jeux de Pyeong Chang.

Pour suivre l’actualité olympique, il ne suffit plus d’un canapé et d’une télé. Il faudrait un diplôme de biologie, pour apprécier la différence entre des cocktails olympiques concoctés par des spécialistes des services secrets et la soupe à l’EPO du cycliste solitaire. Une formation en finances pour évaluer le niveau de corruption du CIO et un solide bagage en droit international. Car avant la compétition sportive, la bataille est juridique.

La Russie a été exclue de ces jeux pour avoir organisé la triche à Sotchi, il y a quatre ans.

43 de ses champions avaient été privés de leurs médailles et privés de jeux pour toujours. Le tribunal arbitral du sport vient d’en réhabiliter la plupart, faute de preuve. Le tribunal a pris le contrepied de l’Agence mondiale antidopage. Le CIO hésite à riposter devant un tribunal suisse. Les Russes exigent maintenant la réintégration des athlètes qui ont été blanchis.

Pas de preuves, mais un témoignage.

En 2016, le patron du service antidopage de Moscou est passé à l’ouest, comme un agent qui fait défection, pour sauver sa peau. Deux morts dans son entourage lui avaient paru suspectes. Il a raconté comment une trappe secrète avait été aménagée dans les labos pour que la nuit des agents du FSB remplacent les éprouvettes par des prélèvements faits sur les sportifs des mois auparavant. Si les athlètes russes ont remporté autant de médailles qu’un maréchal soviétique, ce n’est pas parce qu’ils étaient galvanisés par leurs supporters locaux, c’est parce qu’ils étaient blindés aux anabolisants.

Humiliation de Vladimir Poutine !

Sotchi, c’est chez lui. C’est la résidence secondaire du tsar. Ces jeux à domicile, il devait les gagner. L’Etat aurait donc mobilisé des savants aux ordres, les monte-en-l’air du FSB, bref une fraude à la soviétique. Elle renvoie Vladimir Poutine à ses origines, à l’ère brejnévienne, quand il espionnait en RDA et que ses amis de la Stasi dopaient 10 000 sportifs à la testo-stérone. Les athlètes de Sotchi sont les petits-neveux et nièces des nageuses est-allemandes, on ne peut pas dire leurs enfants car elles n’en ont pas eus.

Vladimir Poutine, héritier d’Eric Honecker, il y a comparaison plus flatteuse. Que l’histoire soit vraie ou qu’elle ait été montée, c’est bien le narcissisme du pouvoir qui est mis à l’épreuve.

La fierté Russe, les sportifs déjà invités en Corée, sont privés du drapeau russe et de l’hymne russe.

Défense d’être russe ! Poutine leur a demandé pardon "de n’avoir pas su les protéger". Un mea-culpa rarissime. Il a reconnu qu’il y avait eu des cas de dopage, mais il a nié le système institutionnalisé. Les défaillances sont humaines, le système innocent.

C’est déjà ce qu’on disait au temps des soviets !