Qu'est-ce que le "terrorisme endogène" dont parle Emmanuel Macron ?

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

L’attentat de Trèbes. Emmanuel Macron dit que la situation a changé par rapport aux dernières années, quand les offensives étaient lancées depuis la zone irako-syrienne.

Mohamed Merah ne débarquait pas de la Ghouta orientale mais du Mirail à Toulouse.
Les frères Kouachi qui massacrent Charlie Hebdo ne descendent pas des montagnes syriennes, ils arrivent du métro Bolivar.
Et Mohamed Lahouaiej ne rentre pas de Faloudja, il vit à côté de la Promenade des Anglais qu’il transforme en cimetière.
L’ennemi habite depuis longtemps à domicile.

Emmanuel Macron parle de "terrorisme endogène".

Si l’on remonte de quelques années, en 2012, la France a commencé un peu avant mais 2012 est une année charnière :
Emmanuel Macron quitte la banque et entre à l’Élysée.
Mohamed Merah quitte la petite délinquance pour entrer en enfer.
Donc, depuis 2012, qui sont les tueurs ?
Mohamed Merah, Bilal Hadfi, Salah Abdeslam, Brahim Abdeslam, AbdelHamid Abaoud, Ismael Omar Mostefai, Samy Amimour, Said Kouachi, Cherif Kouachi, Amedy Coulibaly, Ayoub El Kazzaoui, Sid Ahmed Glam, Yassin Salhi, Mustapha Mokeddem, Hakkim Marnissi, Larossi Abballa, Mohamed Lahouaiej, Abdel Kermiche, Abdel Malik Babil Petitjean, Ahmed Hanachi, Zyad Ben Belgacem, Karim Cherfi et enfin, Radouane Lakdim.
Ce sont des délinquants endurcis, bien qu’ils soient jeunes.
Ils sont presque tous Français. Leurs parents sont nés au Maghreb.
Pour expliquer leur haine, on met en avant l’islam radical, en négligeant ce qui relève du ressentiment colonial.
Peut-on parler d’un terrorisme endogène quand les terroristes sont sous influence de l’extérieur ?

Il y a des racines françaises au Djihad.

Cela remonte à 25 ans. On n’y faisait pas attention car il y avait en même temps un terrorisme importé, lié à la politique française au Liban, en Iran, en Algérie. Dans les années 90, des français s’enrôlent en Bosnie, puis en Tchétchénie, en Afghanistan, en Irak, au Yémen et enfin en Syrie… Les pays du Golfe assurent l’endoctrinement et le financement.
Ces anciens plus ou moins combattants partagent une idéologie et parfois des réseaux avec les terroristes d’aujourd’hui.
Radouane Lakdim n’est pas allé en Syrie. Mais il était lié à un groupe qui faisait de l’entrainement paramilitaires autour de Carcassonne, il y a dix ans. Ce groupe a été repéré et dissous car il était en contact avec une cellule terroriste dans le Doubs.

Qu’est ce qui est nouveau ?

La banalisation. Qui se souvient du nom des deux jeunes filles égorgées devant la gare saint Charles, il y a seulement six mois ?
Mohamed Merah en s’attaquant à des enfants juifs, dans leur école a commis un sacrilège.
Le meurtre d’un vieux prêtre à son autel, celui d’un couple de policiers à domicile devant leur enfant, l’attentat aveugle dans la foule du 14 juillet sont d’autres transgressions.
Après, tout semble banal.
D’ailleurs, ce qu’on retient dans l’Aude, c’est l’héroïsme du gendarme. Ce sacrifice accepté, au début de la semaine de Pâques, ça nous parle. Le héros conjure la fatalité du mal.
Il y a une parfaite symétrie dans la mort, de l’officier d’élite qui accepte le martyr, et de son contraire le petit voyou nihiliste qui se prétend soldat du califat.