Querelle entre May et Trump : la prise de position du haut-commissaire aux droit de l'homme des Nations Unies

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouët traite d’un sujet international.

Vincent Hervouet sur la crise entre Donald Trump et Teresa May. Le Président américain a retweeté des vidéos contre l’Islam d’un groupuscule britannique, Britain first ; Le Premier ministre l’a critiqué. Trump a répliqué : "ne t’occupe pas de moi, occupe-toi du terrorisme de l’Islam radical au Royaume Uni". Du coup, sa visite officielle à Londres en janvier est remise en cause.

Cette scène de ménage, en public, sans précédent, aurait réjoui nos aïeux qui jalousaient la perfide Albion. Elle fait jubiler ceux qui parient que les Anglais vont rater leur Brexit. Le Donald et Mrs May forment un couple si mal assorti que la fameuse relation spéciale entre Washington et Londres est devenue très spéciale. C’est chéri fait moi mal.
Évidemment, quand on assiste à ce genre de pugilat, l’éducation commande de regarder ailleurs. Et il y a un personnage à la lisière du ring qui attire l’œil, c’est le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU. Lui, il applaudit, il pousse au crime. Hier, il fait un discours pour dénoncer les hooligans politiques dont les tweets sont des insultes racistes.

De qui s’agit-il ?

Ce diplomate qui n’est pas très diplomate s’appelle Zeid Ra’ad Al Hussein. Il est né en Jordanie, son père est un lointain descendant du shérif de la Mecque donc, il est altesse royale. Sa mère est suédoise. Sa femme américaine. Son bureau est à Genève, sa maison à New-York. C’est un citoyen du monde, mais le monde en première classe. On se dit, tiens il a fait ses études à Cambridge, c’est pour ça qu’il défend Teresa May. Pas du tout, l’an dernier, il s’en était pris à Gert Wilders et à ses acolytes démagogues et fantaisistes. Il listait : "Trump, Orban, Zeman, Hofer, Faraj, et le Pen qui ont en commun avec Daech de chercher à retrouver un passé qui n’a jamais existé".
On sent de la colère chez le commissaire. Un peu plus, et il mettrait tout ce beau monde en panier à salade, direction la cour pénale internationale.

Pourquoi cette colère ?

Ceux qui apprécient ce prince si charmant, riche et progressiste, féministe et écolo, disent qu’il incarne l’exaspération des haut-fonctionnaires de l’Onu devant l’impuissance des nations.
Traduction, c’est un techno qui méprise les politiques et s’impatiente.

Et ceux qui ne l’aiment pas ?

Ils listent ses derniers combats. Le haut-commissaire s’inquiète de la lutte anti-terroriste qui affaiblit les valeurs de la démocratie, dénonce la politique inhumaine de l’Europe avec les migrants, celle de la France avec les Roms, s’indigne de l’interdiction du burkini, il veut criminaliser le blasphème, une enquête sur les violences policières en Catalogne.
Le monde a un prédicateur hors sol, échappé des années 80.
Et le comble, c’est que Donald Trump va être privé d’une visite à la reine en janvier. Alors que le prince Zeid sera invité un jour à ses obsèques, car il est altesse royale.