Pas de vague anti-Trump : les journalistes américains n'ont rien vu venir

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

À Washington, au lendemain des midterms, la guerre de tranchées redouble entre la Maison-Blanche et les médias. Avec une première victime, un journaliste de CNN s’est vu retirer son accréditation.

Il s’appelle Jim Acosta et c’est son heure de gloire. Il a tenu tête ce mercredi à Donald Trump qui lui a dit qu’il était quelqu’un de grossier et d’affreux, ce qui vaut bien une décoration. Ensuite, le confrère de CNN a tardé à rendre le micro à une jeune femme du service de presse qui a fini par le lui arracher. La Maison-Blanche a prétexté qu’il avait mis les deux mains sur cette assistante, pour le déclarer indésirable. Cela n’a rien d’évident quand on regarde la vidéo mais le scandale vaut bien une citation à l’ordre du régiment.

Donald Trump évite les conférences de presse. C’était la troisième depuis son élection. Il n’aime pas trop, c’est normal, il y a des journalistes aux conférences de presse. Il a commencé, modeste comme toujours, en se félicitant de son immense succès électoral et en promettant une belle cohabitation avec la majorité démocrate à la Chambre des représentants. Et puis, Jim Acosta l’a interrogé sur la diabolisation des migrants, un autre sur les accointances avec les Russes en 2016, et patatras.
Il n’y aura jamais de belle cohabitation avec les médias.

Les médias se sont-ils trompés en couvrant ces élections ?

On cherche vainement la vague bleue que les médias annoncent toujours et qui jamais ne déferle.
Ce mercredi, quelqu’un a volé aux Démocrates la revanche attendue depuis deux ans. Qui sait peut-être encore un coup des Russes décidément très fourbes ? Il faut alerter le procureur Muller, lui dire qu’ils ont recommencé !
Ceux qui prophétisaient un raz de marée démocrate au vu des files d’électeurs, CNN a la veille du scrutin qui prédisait l’effondrement de la popularité du Président, ceux qui caressent depuis deux ans l’idée qu’une procédure d’empêchement va enfin chasser ce président insupportable, ce qui ne risque plus d’arriver avec un sénat entièrement à sa main. Tous ceux-là se sont trompés.

Donald Trump est dans la meilleure situation possible pour préparer sa réélection en 2020. Et c’est bien son implication dans la campagne en Indiana, dans le Missouri, l’Arizona, la Floride, le Texas, le Tennesse qui a fait la différence, alors que la presse le prétend, isolé et discrédité.