One Planet Summit : premier sommet pour Emmanuel Macron avec une scène à sa mesure

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque jour, Vincent Hervouët traite d’un sujet international.

Le Sommet Climat s’ouvre à Paris pour trouver des financements à la lutte contre le réchauffement
On ne dit pas "Le Sommet Climat", cet intitulé serait trop modeste. On n’a pas osé "Le sommet pour sauver le Monde", même s’il est bien vu de le penser.
On dit : "One Planet Summit".
Il faut s’arrêter sur cet anglicisme pour comprendre de quoi on parle.
D’abord, ce n’est pas la planète qui est "one", ce qui aurait voulu dire, on n’en a qu’une, il faut la ménager, air connu. En anglais, "one" se rapporte au sommet, c’est lui qui est unique, remarquable.
Pourquoi ? Parce que c’est le 12 décembre, deux ans après la Cop 21, la signature de l’accord de Paris dont Paris est le dépositaire et que Paris présente comme un pacte historique contre le réchauffement climatique. Paris, Paris, Paris ! À côté, la Cop 22 à Marrakech, la Cop 23 à Bonn, la Cop 24 bientôt en Pologne, pèsent moins qu’un nuage de carbone.
Et puis, c’est le premier vrai sommet du Président Macron.
Il en a pris l’initiative, il veut faire bouger le monde de la finance, pour qu’elle investisse dans la transition énergétique, c’est son univers.
Mais pourquoi un titre en anglais ?
C’est vrai, c’est bizarre, après tout le français tente de se maintenir comme langue de la diplomatie. Emmanuel Macron a été le plus brillant des avocats de la francophonie à Ouagadougou. Donc pourquoi inviter à la maison dans une langue étrangère des gens qui la baragouinent, la plupart des chefs d’État présents étant francophones ou hispanophones.
Pourquoi parler globish alors que l’Américain n’est pas là ? Et bien justement, parce que l’Américain n’est pas là !
Donald Trump a jeté au panier l’accord de Paris. Le Président l’avait invité au 14 juillet, pour l’en dissuader, en vain.
Quand Trump a renié la signature des États-Unis, Emmanuel Macron a dégainé un tweet vengeur qui a fait le tour du monde, "Make the planet great again",  Un slogan avec les mots et les armes de l’adversaire, une élégance très française, un esprit mousquetaire.
Le style, c’est l’homme. À cet instant, le Français s’est posé en rival de Trump. Il se voit depuis en leader de la bataille pour le climat. C’est à cette gloire éphémère que fait référence l’intitulé de la réunion.
Que faut-il en attendre ?
La Cop21, horizon indépassable de notre diplomatie, a promis 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 au sud pour qu’il s’adapte aux dérèglements climatiques. On en est loin et c’est demain. C’était un engagement non contraignant, donc fait pour ne pas être tenu. Un vœu pieu. Le sommet d’aujourd’hui, c’est le contraire, du concret. Des projets, des dons, la finance mondiale au service du sud. Ce soir, on jugera sur pièces. Wait and see, comme on dit en bon français.