Macron l'Africain

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Vincent Hervouët vous parle international est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Lundi, un sommet Europe/ Afrique à l’Elysée. Et ce mardi de nouveau, le continent au programme du Président…
Emmanuel Macron qui aime les panoplies n’a pas encore essayé le Panama de Mitterrand, ni les sahariennes de Giscard, mais ça y est, on peut parler de Macron l’Africain… Le Président doit annoncer ce mardi matin la création de son Conseil Présidentiel pour l’Afrique.
On dirait que le fantôme de Jacques Foccart revient hanter l’Elysée
Jacques Foccart, l’homme au bras long et aux mains sales que la droite jalousait et que la gauche adorait détester… Un vrai ministre des affaires étranges, tous les soirs, dans le bureau du général en tête à tête. Et son ombre qu’on imagine dans toutes les barbouzeries qui ont permis à Paris de décoloniser en limitant les bains de sang et en gardant du pouvoir en Afrique… Derrière la caricature, Foccart c’est une incarnation de la réalpolitik.
Quel rapport avec Emmanuel Macron ?   

Lundi le sommet Europe Afrique a acté la création de missions de protection en Afrique pour les demandeurs d’asile. Des centres de tri, avec l’aide du HCR, dans des pays de transit. Par exemple, le Niger dont le président était à l’Elysée. En échange, celui ci réclame de l’aide, comme les Turcs en ont obtenu, pour bloquer la route des réfugiés syriens. C’est le schéma annoncé mais les spécialistes ne croient pas que les migrants en route prendraient le risque de se retrouver piégés.  Et puis surtout, le Niger n’est pas seulement un pays de transit. Il est un élément du problème. Il y avait trois millions d’habitants à l’indépendance, vingt millions aujourd’hui. Et toujours une seule ressource, l’uranium.

80 millions d’habitants au Niger prévus en 2050…
Tous les efforts de développement sont sapés par cette bombe démographique qui menace la stabilité du Sahel, et donc la sécurité de l’Europe. La semaine dernière, pour la journée des migrants, le pape François a estimé que la sécurité nationale passait après la sécurité personnelle des migrants. Tous devraient avoir un accès sans limite aux systèmes de pension, à l’assistance sociale, au regroupement familial. Ce pape parle comme Saint François aux petits oiseaux. Peut-être qu’il a passé par profits et pertes l’Europe qui n’est plus chrétienne et qu’il mise tout sur la foi des Africains.

En face, Emmanuel Macron reste un bon élève des jésuites. Plus froid, moins émotif. Simple comme une colombe mais prudent comme un serpent. Très hypocrite aussi. Les missions de protection, première étape en Afrique pour que les migrants restent en vie. Ou bien en marche, mais pour rentrer chez eux.