M. Abbas à Bruxelles : la rencontre de deux illusions ?

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
Partagez sur :

Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Mike Pence en Israël. L’ambassade américaine déménagera à Jérusalem d’ici deux ans. Mahmoud Abbas n’a pas voulu le rencontrer. Il était à Bruxelles  pour implorer les Européens de reconnaître l’État de Palestine.
Le rêve désespéré de Mahmoud Abbas, son pari rageur, c’est de se passer des Américains. En abandonnant Jérusalem aux Israéliens, Donald Trump s’est disqualifié à ses yeux. Il ne veut plus entendre parler du plan de paix que manigance son gendre Jared Kuchner…
A la place, il cherche la reconnaissance de l’indépendance. Hier, l’entourage du vieux président expliquait que les vrais acteurs sont désormais les Européens qui financent et s’impliquent, les Russes qui sont de retour en force et même la Chine. Sans oublier l’Onu où les Palestiniens ont des soutiens, Israël y est d’ailleurs sans cesse en accusation…
Les Russes, les Chinois, les Européens et l’Onu, pourquoi faire ?
Une conférence internationale, bien sûr ! Il n’y a pas un conflit depuis la création du monde qui ait suscité autant de conférences,  partout et dans tous les formats. La Palestine, c’est la terre des prophètes et la spécialité des diplomates… Depuis que le dialogue entre israéliens et palestiniens est suspendu, elles ne servent à rien. C’est pas grave ! L’apothéose, c’était à Paris, l’an dernier. Des représentants de 70 pays mais sans Israël. Ils ont répété leur soutien à une solution négociée, à deux états vivant cote à cote et en paix. Après chacun est rentré chez soi et on n’en plus entendu parler.
A Bruxelles, hier, les 28 ont sacrifié au même rituel.
Est-ce que les Européens peuvent remplacer les Américains ?
Sans doute, sur le plan financier. L’Europe assure déjà les fins de mois, cela représente 300 millions d’euros. Il va falloir compenser le forfait des États-Unis qui étaient jusqu’ici le pays le plus généreux, via l’Unrwa, l’agence  des nations unies pour les réfugiés palestiniens. Les Américains estiment que soixante-dix ans après, ca suffit. On n’est pas réfugié à vie et il y a d’autres urgences. On est tenté de leur donner raison quand on voit l’immense cohorte des gens chassés de chez eux par la politique aventureuse du Pentagone qui a démembré des États comme l’Irak, la Syrie, le Soudan ou la Libye.
En revanche, il n’y a pas d’accord européen sur le plan politique.
L’Europe n’est pas l’Amérique. Elle ne peut pas être l’honnête courtier qui rapproche les points de vue, assez intime des Israéliens pour leur forcer la main, assez puissants pour être respectés des Arabes. Les Européens ne peuvent pas donner aux uns et aux autres les garanties de sécurité qu’ils réclament.
En prime, ils ne sont pas d’accord entre eux. Il y a 28 pays et autant de nuances.
Et la France ?
Elle veut ménager l’avenir. Ne pas désespérer Ramallah. Retenir Abbas de claquer la porte. Paris propose un accord d’association avec l’autorité palestinienne. C’est une mesure symbolique. C’est encore trop pour ses voisins qui attendent de voir ce que Donald Trump va proposer.