L'impuissance de l'Occident autour de la Syrie

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Le calvaire de la Ghouta orientale. Le dernier fief rebelle aux portes de Damas a été bombardé hier, comme les jours précédents. Une résolution est sur le bureau du Conseil de sécurité et doit être soumise au vote dans la journée.

Ce sont les Suédois et les Koweitiens qui font partie en ce moment du Conseil qui ont rédigé cette résolution. Ils ont pris de court le Kremlin qui avait réclamé une réunion d’urgence. Mais l’urgence des Russes, c’est que chacun présente sa vision des choses.

Là où Moscou propose un colloque, la résolution impose une trêve. Elle prévoit un cessez le feu d’un mois, pour évacuer les blessés et aider les habitants pris au piège.

Combien sont-ils à se terrer en priant que le ciel ne leur tombe pas sur la tête ? 300, 400 mille ? On connait le nombre des civils tués après 4 jours de bombardements. Il s’élève à 296, selon le pointage de l’Observatoire syrien des Droits de l’homme qui fait autorité.

Ce chiffre ne colle pas avec l’atmosphère de fin du monde, notamment dans le secteur de Kfar Batna. Il ne rend pas compte de la terreur qu’imposent les barils d’explosifs largués d’hélicoptères, ni de l’émotion que suscite les enfants hébétés dans les hôpitaux bombardés On regarde les photos, on croirait Stalingrad. On écoute les Ong, elles mobilisent. 300 morts et l’Unicef parle de "pertes humaines massives", Save the Children de "situation abjecte". Amnesty de crimes de guerre. Le secrétaire général de l’Onu dit : "c’est l’enfer sur terre". La Croix rouge internationale jure que "cela ne peut pas durer ".

Est-ce que cela peut durer ?

Sur le plan militaire, cela doit durer. Les bombardements aériens, comme l’artillerie, préparent le terrain avant une offensive terrestre. A Alep-est, le pilonnage a duré quatre mois. A la Ghouta, il dure depuis quatre jours. Tout autour, le régime masse des troupes depuis le début février et prépare l’assaut sur les irréductibles du djihad qui tirent des roquettes sur la capitale. Elles ont fait douze morts hier. La version de Damas, c’est que les rebelles les plus radicaux, ceux de Faylaq al Rahman ont refusé le sauf conduit qui avait été négocié l’été dernier. Ils rejettent tout compromis, à Astana comme à Genève. Ils se servent de la population comme boucliers humains. En Syrie, le crime de guerre, c’est toujours l’autre. Le pire, c’est qu’ils ont tous raison.

La France craint "un cataclysme humanitaire" en Syrie.

La Syrie est un cataclysme pour la politique étrangère de la France.  Depuis le début, cela fait sept ans de malheur. Jean-Yves Le Drian sera à Moscou mercredi  pour dire à son homologue Serguei Lavrov d’abaisser le niveau de violence. Ensuite, il gagnera Téhéran, un voyage sans cesse reporté. Rien que ce calendrier, ce train de sénateur, alors que la Syrie est en feu dit l’impuissance de Paris.