Les JO de Pyeongchang masquent la montée de tensions sans précédent autour de la Chine

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les Chinois fêtent le nouvel an lunaire. Et toute l’Asie avec eux. L’année du chien commence ce matin.

Comme tous les ans, une immense transhumance a saisi les Chinois, ils sont des centaines de millions à retourner dans leurs familles pour rendre un culte aux anciens. On fête le printemps, partout où il y a des communautés chinoises. Toute l’Asie est au diapason et s’aligne sur le calendrier traditionnel de Pekin même si on parle de Nouvel an japonais, de la fête du Tet au Vietnam, de Seollal en Corée.

Autant de pays qui résistent à l’influence de la Chine, le grand voisin qui leur marche sur les pieds, qui leur dispute les eaux territoriales, le tracé de la frontière ou qui leur impose les nouvelles routes de la soie. 

Ils résistent, en vain.

Le président Xi Jin ping a promis le retour de la Chine sur la scène internationale et on observe dans tous les domaines l’affirmation de cette puissance. Comme c’est l’année du chien, la question est de savoir qui il va mordre.

Vous croyez aux devins qui prédisent que l’année du chien va être une année de tensions et de conflits?

Les avis des maitres Feng Shui sont affichés dans les salles de marchés et personne là-bas ne prend de décision grave sans les avoir consultés. Les stratèges qui prophétisent impressionnent davantage nos esprits cartésiens.

Le chef des forces américaines dans la zone du Pacifique, l’amiral Harry Harris était auditionné avant hier au Congrès. Il a expliqué que l’expansion de l’armée populaire de libération était de plus en plus rapide et qu’elle rivaliserait plus vite que prévu avec l’armée américaine dans tous les domaines.  Selon sa liste, elle a considérablement progressé dans le déploiement de batteries de missiles, dans le développement d’une cinquième génération d’avions de combat, dans l’accroissement en taille et en capacité de sa marine de guerre, avec ses portes avions et ses nouvelles bases à l’étranger. Un seul exemple, l’an dernier, l’infanterie de marine est passée de 20 mille à 100 000 hommes. Or, à quoi cela sert, un Marsouin ? A être projeté sur des théâtres au loin. C’est à dire que la Chine conçoit désormais la défense de ses intérêts  bien au-delà de ses frontières.

C’est un effort du même ordre qui est mobilisé pour les capacités satellite ou la cyber-défense.

L’amiral prêche pour sa paroisse.

Les amiraux aiment les armadas, c’est vrai. Celui-là vient d’être désigné comme ambassadeur en Australie, son raisonnement est politique. L’Asie orientale est bien le pré-carré où les deux premières puissances mondiales rivalisent.

Donald Trump qui est né en 1946, année du chien de feu, a réitéré cette semaine ses menaces commerciales contre la Chine et la Corée. Cette semaine, Pékin a pris des mesures anti dumping contre un produit chimique américain, le styrène.

Les militaires montrent leurs muscles. Les juristes aiguisent leur arsenal. C’est l’année du chien. Pour l’instant, il aboie.