Les députés espagnols ont voté : le général Franco va être exhumé

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les députés espagnols ont voté : le général Franco va être exhumé.

La gauche a voté pour, la droite s’est abstenue. Et on se fiche de l’extrême droite car elle ne pèse rien, c’est une curiosité en Europe, à croire que le franquisme a immunisé les Espagnols. 

D’ici Noël, Franco sera donc chassé de la Vallée de los Caïdos, le mausolée pharaonique où reposent 40.000 combattants de la guerre civile et qu’il avait fait construire au nom de la réconciliation.

43 ans après sa mort, le caudillo devient SDF, sans domicile funéraire.

La vice-Présidente du gouvernement est impatiente : "il n’y aura ni honneur, ni concorde tant que les restes de Franco seront au même endroit que ses victimes". C’est Antigone mais à l’envers.

Il y a encore des détails à régler. La famille refuse. L’Église hésite.

Après le vote, le premier ministre Pedro Sanchez a tweeté : "Aujourd’hui, un pas historique… Aujourd’hui, notre démocratie est meilleure".  Quand on écrit l’histoire, il ne faut pas hésiter devant les majuscules. Il y a deux façons d’écrire l’histoire. En imposant sa volonté au chaos des évènements. Ou en rectifiant les manuels, en retouchant les photos officielles, en désignant les bons et les méchants.  D’un côté, les grands hommes et la patrie reconnaissante.

De l’autre, les politiciens, qui trouvent la reconnaissance dans les sondages. C’est vrai en deçà des Pyrénées et ça l’est au-delà. Hier, il y avait d’un côté, le corps disparu de Maurice Audoin et de l’autre la momie encombrante de Franco. Pedro Sanchez  se sert de Franco car la rentrée est difficile pour lui. Il joue à SOS Fantôme pour faire oublier la semaine atroce qu’il vient d’endurer.

Pourquoi atroce ?

Il n’a pas de majorité, il ne peut mener aucune réforme. Il est beau gosse mais il est impuissant. Lundi, il a dû renoncer à imposer les banques, renoncer à priver les Saoudiens des armes qu’ils avaient achetées, renoncer à créer un syndicat des travailleuses du sexe, autant de mesures déjà claironnées. Mardi, un million de catalans ont défilé à Barcelone. Et le ministre de la santé a démissionné, emporté par le scandale des faux diplômes. On attend ce matin d’ailleurs que Pedro Sanchez lui-même publie sa thèse de doctorat, il est accusé de plagiat et il s’en défend avec indignation.

C’est une thèse d’économie. Pas une thèse d’histoire.