"L'empereur" de Chine pourra être réélu à vie

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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La Constitution chinoise va être amendée, laissant au président Xi Jinping la possibilité d'être encore réélu.

En Chine, la constitution limitait à deux le nombre de mandats du Président. Elle va être amendée. Xi Jinping pourra rester plus de dix ans au pouvoir. C’est une mini révolution…

La fin de l'idée de démocratie. La dictature pointe en Chine. Lundi prochain, durant la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire, les délégués devraient voter comme un seul homme le lifting de la constitution de 1982. Le comité permanent du bureau politique, soit Xi Jinping et ses six amis, l’ont préparé en secret le mois dernier. Une information qui relègue l'idée d'une Chine ouverte au monde. Non seulement le parti communiste reste le parti unique, mais il doit tout diriger. C’est l’article numéro 1 de la constitution remaniée : la toute-puissance du PC est proclamée comme "le trait le plus essentiel du socialisme aux couleurs chinoises".

La peur. Cela signifie que le parti a toujours raison. Même s’il ne croit plus aux lendemains qui chantent, même s’il pratique le capitalisme le plus sauvage, il doit garder le contrôle. C’est la dictature, sans le prolétariat. Pour que cela tienne, il faut la peur. Les délégués vont donc voter la création d’une police redoutable, la Commission nationale de supervision, qui traquera leur propre corruption et celle des bureaucrates. C’est avec ce prétexte que XI Jinping s’est débarrassé de ses rivaux, et que 300.000 membres du parti ont été jetés en prison.

Tout puissant. On assiste en substance à l’avènement d’un autre "empereur" de Chine. Car, dans la nouvelle version de la Constitution, tout un paragraphe disparaît, celui qui a obligé Deng Xiaoping, Jian Zemin et Hu Jintao a s’effacer au bout de dix ans. Xi Jinping pourra ainsi dans quatre ans se faire réélire une troisième fois. Une quatrième aussi, pourquoi pas, voire une cinquième... Une autoroute s’ouvre. La curiosité, c’est qu’il est le tout puissant Secrétaire général du parti tout puissant. Il aurait pu le rester en laissant un figurant assurer l’intérim comme chef de l’Etat. On a vu cela notamment avec Vladimir Poutine et son tour de passe-passe avec Dimitri Medvedev. 

l'année du chien... qui mord. Déjà, en octobre, ses pensées sur "le socialisme chinois à l’aube d’une ère nouvelle", redoutable pensum, avait été intégrées à la charte du Parti communiste, honneur suprême que seul Mao avait connu de son vivant. Ses pensées vont maintenant servir de préambule à la constitution, déjà un culte de la personnalité. Le stade ultérieur, c’est la momie dans le mausolée, à côté de Mao. En attendant cette apothéose, on peut dire que Xi Jinping fait le beau. Ça tombe bien, c’est l’année du chien. Elle vient de commencer et les devins prédisent qu’elle sera pleine de conflits. A Pékin, le parti se tient prêt à mordre.