Le vote sanction du Parlement européen contre Viktor Orban

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Le Parlement européen réclame des sanctions contre la Hongrie. Budapest menacerait les valeurs fondamentales de l’Union européenne. C’est la première fois que les eurodéputés se servent de l’article 7.

On nous dit que c’est l’arme atomique. Quelle blague ! C’est un sabre de bois. La procédure n’ira jamais à son terme, parce qu’il faut l’unanimité au conseil européen pour prendre des sanctions et il y a bien une demi-douzaine de pays parmi les 27 qui refuseront de mettre les Hongrois au coin. L’article 7, c’est davantage une gifle au visage de Viktor Orban. Ça lui apprendra à se pousser du col aux cotés de l’Italien Salvini. Il est provocateur. Il parle trop fort car il a été le premier à refuser les migrants et depuis les uns après les autres, les pays scandinaves, les pays alpins, l’Europe centrale ont rallié ses positions. Il a triomphé au conseil européen en juin qui s’est aligné, enterrant les quotas et relevant les frontières. Avant hier encore, Viktor le bagarreur a défié les eurodéputés en les accusant de punir les Hongrois parce qu’ils refusent de se laisser envahir. Alors que c’est le pluralisme de la presse, la liberté d’association, l’indépendance des magistrats, le traitement des minorités qui étaient visés par l’article 7.

Il n’a rien à craindre ?

Il a beaucoup à espérer. La Hongrie est un pays qui a été martyrisé et qui a conservé une identité très forte. Viktor Orban y a été réélu pour la quatrième fois, sans bourrer les urnes. Son opposition est d’extrême droite, eurosceptique à fond.  En se victimisant, il va lui couper l’herbe sous les pieds. On peut compter sur lui, Angela Merkel dit que c’est un politicien de génie.

La seule question, est de savoir s’il va rester au sein du PPE.

C’est le Parti Populaire européen, la droite parlementaire ? 

Elle se dit de centre droit. Être de droite serait provocant. Conservateur, ça commence mal. Réactionnaire, c’est une injure. Donc, du centre droit. Défendant des valeurs européennes, c’est à dire très floues, chrétiennes serait beaucoup dire, beaucoup trop. 

Guy Mollet parlait de la droite la plus bête du monde, on ne sait plus pourquoi, en tout cas c’était bien avant qu’Emmanuel Macron remporte une présidentielle en théorie imperdable par la droite…

Guy Mollet ne connaissait pas le PPE auxquels appartient le Fides de Viktor Orban. 116 de ses députés ont voté pour l’article 7, 60 contre, 50 se sont abstenus. Autrement dit, le PPE a voté contre l’un des siens qui pue de pieds et qui refuse les valeurs soixante-huitardes, les frontières ouvertes, la société multiculturelle et le mariage homosexuel.

Emmanuel Macron peut se féliciter. Après avoir dynamité le Palais Bourbon, il vient de réussir à enfoncer un coin au Parlement européen. Il lui reste neuf mois pour recomposer le parlement.