Les Kurdes, fantassins de la coalition contre Daech, se rappellent au souvenir des Occidentaux

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Au Kurdistan irakien, les autorités annoncent qu’elles détiennent 4.000 djihadistes de l’Etat islamique. Et parmi eux, des étrangers.

Les autorités d’Erbil donnent les comptes et en prime, une leçon. D’abord, il y aurait 2.500 djihadistes qui auraient été faits prisonniers au fil de la reconquête, notamment en juillet à Mossoul. De quoi rappeler que les Peshmergas ont été les fantassins de la coalition internationale pendant quatre ans. Après la guerre, on les a laissés tomber. Oubliés. Cette liste est une façon de se rappeler aux Occidentaux.

Au moins 4.000 djihadistes sous les barreaux. Ajoutez à cela  un peu plus d’un millier de djihadistes qui ont préféré se rendre aux Kurdes plutôt qu’à l’armée irakienne, lors de la dernière grande bataille, la prise de la ville de Hawija en octobre., avec sans doute en mémoire les massacres commis par les miliciens chiites et le sectarisme du régime de Bagdad. Enfin, 350 prisonniers supplémentaires ont été arrêtés quand les Kurdes ont repris Kirkuk. Ils ont avoué au cours des interrogatoires qu’ils appartenaient à Daech. Cela montre avec quelle efficacité Kirkuk et son pétrole étaient contrôlés par les Kurdes. Ils ont tout perdu, en perdant ces puits qui assuraient leur autonomie.  Voilà de quoi rassurer les ONG qui s’étaient alarmés de la rafle et de la disparition des suspects. Faisons les comptes : cela fait en tout 4.000 fous et folles d’Allah sous les barreaux. Vivent les Kurdes !

Casse-tête judiciaire. Mais dans le lot, il y a des étrangers. Certains ont déjà été livrés aux autorités de leur pays d’origine. Un Japonais au consulat du Japon d’Erbil. Un Américain aussi, au consulat à Erbil selon les Kurdes. Jusqu’à présent, on ne connaissait qu'un seul cas de djihadiste américain capturé sur le champ de bataille. Est-ce le même ? On ignore son nom, son âge. Les militaires américains qui le détiennent veulent le traiter en combattant étranger, parce qu’il a aussi la nationalité saoudienne. Un juge fédéral de Washington les a obligés à le laisser consulter un avocat. Mais comme il n’a pas été inculpé, il stagne dans les limbes judiciaires. C’est un casse-tête pour Donald Trump. Le Commander in Chief a juré d’être implacable avec les 100 à 200 Américains qui se sont enrôlés dans l’Etat Islamique. Il préférerait sans doute expédier l'inconnu à Guantanamo ou le laisser pendre à Ryad. La question cruciale est de savoir si un Américain qui a combattu pour l’Etat islamique a encore des droits. C’est le genre de dilemme qui passionne les avocats et pourrit la vie d’une administration en guerre. Merci les Kurdes !

Enfin, des Français pourraient également figurer parmi ces étrangers. Il y a déjà trois Françaises détenues à Bagdad, et des dizaines d’autres dans les camps kurdes en Syrie. Et quelques-uns peut-être parmi les centaines de cadavres qui pourrissent dans les ruines de Mossoul. On s’en soucie davantage que du sort de nos alliés kurdes. On a tort. Pardon aux Kurdes !