Le pèlerinage à la Mecque commence mercredi entre choléra et risques d'attentats

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Vincent Hervouët vous parle international est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Mercredi matin, à la Mecque grande effervescence, le Hadj commence officiellement. Deux millions et demi de pèlerins qui se pressent pour lapider Satan, tourner sept fois autour de la Kabaa, saigner le mouton. Je parle sans avoir vu, je ne suis pas musulman, je n’ai pas le droit d’y mettre les pieds, mais les images donnent une idée de la ferveur. Il y a une ombre à la joie intérieure. La sécurité se laisse souvent surprendre. Il y a eu des attentats. Des bousculades meurtrières, 2300 morts il y a deux ans. En plus, cette année, on redoute le choléra. 

Pourquoi le choléra ?

Parce que l’épidémie sévit à coté, au Yémen. C’est la conséquence directe de la guerre tribale devenue une guerre totale depuis que les Saoudiens s’y sont impliqués et enlisés. Depuis deux ans, ils transforment leur voisin en désert. L’aviation saoudienne a détruit les barrages, les hôpitaux, les routes, les centrales électriques, les ports. C’est autant que n’auront pas "ces chiens de Houtis", les amis des Iraniens. Parce que c’est cela le mobile du prince Salman, le bras de fer avec le Perse, le Chiite… Alors, une bombe tombe toutes les douze minutes, en moyenne, jour et nuit, depuis deux ans. Les civils sont affamés, 10.000 morts. Le choléra s’étend. Le monde regarde ailleurs.

Les États-Unis fournissent discrètement à leur allié saoudien : renseignements, ravitaillements en vol, armement, munitions… Et la France ?

Elle soutient aussi, à l’occasion… Pour les mêmes raisons, il n’y a aucune raison de faire de cadeaux à l’Iran, Ryad est un trop bon client. Ce prince Salman est susceptible. On est quand même gêné car il n’arrive à rien, ni avec le Yémen, ni avec le Qatar. Et le résultat, c’est le choléra et en même temps la peste, Daech et Al Quaida dans la péninsule arabique prospèrent dans ce chaos du Yémen…

Ce petit génocide en silence contredit férocement le président Macron. Il expliquait mardi que la France refuse d’entrer dans les conflits entre sunnites et chiites. La vérité, c’est qu’on ne veut pas entrer dans le conflit entre Saoudiens et Qataris mais que la France est aux cotés des sunnites, contre les chiites, toujours et partout. Dans le Golfe, en Syrie, en Irak, au Liban. C’est comme ça depuis bientôt quarante ans. C’est peut être normal : il y a cinq millions de musulmans en France, les trois quarts sont pratiquants, on ne sait pas très bien combien vont à la Mecque cette année, au moins 20.000 peut être le double. Et tous sunnites !