Le nouveau défi de Trump : "garder l'Amérique grande"

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Donald Trump a révélé son slogan de campagne à ses partisans réunis en meeting en Pensylvanie.
Trois ans avant, Lucky Luke tire plus vite que son ombre ! Le slogan, c’est l’essentiel pour un vendeur comme Donald Trump. Le slogan, c’est l’homme. C’est le programme et l’horizon.
Pour se faire élire, il avait rabâché "Make America great again", et il a continué après sa victoire, on s’étonne que la citation ne soit pas gravée au fronton de la Maison Blanche… ou en néon clignotant sur le palace où il passe ses week-ends en Floride. La formule a été raillée, détournée, mais le monde entier l’a déclinée. Même Emmanuel Macron s’y est mis, alors qu’utiliser les mots et la langue de l’adversaire, c’est toujours se soumettre.
Bref, quand on a juré à l’Amérique de lui rendre sa grandeur, qu’est-ce qu’on peut lui promettre quatre ans après ?
De lui garder sa grandeur, évidemment. Keep America great ! Avec un mot en moins et un point d’exclamation en plus. Trump tweete toujours plus court. La formule est déposée.
Cela sous-entend, que la mission est accomplie. Que l’Amérique a renoué avec sa grandeur !  
Mais c’est fait, bien sûr, puisqu’il le dit. Donald Trump vient de passer un week-end euphorique. Sur un nuage. La bataille de l’acier fait chouiner les Européens mais les sidérurgistes qu’il a reçus dans son bureau étaient émus aux larmes.
Et puis surtout, ce Kim Jong Un qui ne pose aucune condition préalable mais qui gêle ses activités balistiques ou nucléaires en attendant son rendez-vous avec le boss… Même la presse américaine qui le hait doit concéder que Donald Trump a réussi là où ses prédécesseurs se sont laissés berner. Quelle jubilation ! Il triomphe là où cette mauviette de Barak Obama s’indignait en vain.
Mais tout reste à faire en Corée !
Et ce ne sera pas facile ! Le Département d’État manque d’experts et de négociateurs. Mais bon, l’intendance qui cafouille, les courants d’air qui emportent les conseillers de la Maison Blanche à peine installés, ce cinglé de Steve Banon comme il l’appelait qui s’exporte en Europe, tous les journalistes rabat-joie n’ont pas gâché le week-end de Donald !
De même, l’incroyable foutoir de cette présidence Trump cache qu’il réforme en profondeur l’Amérique. Il mène la révolution conservatrice qu’il avait promise, avec la réforme fiscale, la dérèglementation systématique. Il est servi par le cycle de croissance exceptionnellement long que connait le pays. Le Pib continue d’augmenter. Le chômage n’a jamais été aussi bas, depuis l’an 2000. Pour mener à bien le gigantesque plan d’infrastructures de 1500 milliards de dollars qu’il veut lancer, il faudra à Trump un deuxième mandat.
C’est pour cela qu’il est en campagne. D’ailleurs, il n’a jamais cessé de l’être. Garder Trump en campagne, c’est cela le vrai slogan. Et c’est bien pour cela qu’on peine à le prendre au sérieux comme président.