Le livre d'Hillary Clinton

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Vincent Hervouët vous parle international est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Ce matin en librairie, aux Etats Unis, le livre d’Hillary Clinton : Ça s’est passé comme ça. Hillary qui se dit écœurée par la vie politique et qui annonce en plein ouragan qu’on ne la reverra jamais plus dans une élection…

L’ouragan passe très loin de Manhattan, très loin du monde doré sur tranches d’Hillary Clinton. Elle-même, pendant sa campagne, est passée très loin et même complètement à côté de la classe moyenne américaine. Aucun politicien ne l’avouera, mais le problème avec la démocratie, c’est le peuple. Il semble que les Américains aient volé à Hillary Clinton la victoire électorale que les sondages, les médias, Hollywood, l’Europe, la raison aussi lui avait promise. Et le pire, c’est qu’elle ne peut même pas insulter l’électeur, ça manquerait de fair-play. Alors, elle cherche des coupables. A toute catastrophe, il faut un responsable, même en cas de tornade électorale. Hillary tape dur sur le patron du FBI qui l’a tuée, sur Bernie Sender, ce démagogue, sur Obama qui ne l’a pas sauvée des Russes, sur Trump évidemment…

Pas de mea-culpa ?

Si, il faut bien, c’est la loi du genre ! Pour faire un best-seller, il faut que la star raconte sa vie en apesanteur, la chute lamentable avec les détails, et enfin qu’il y ait une lumière au bout du tunnel. Un peu d’impudeur et tout plein de résilience. Donc, pour huit millions de dollars, qui seraient le montant des à-valoirs versés par l’éditeur, Hillary raconte que son échec l’a terrassée. Après la campagne, elle est allée en forêt pour de longues marches. Le loup n’y était pas mais elle a bu de grandes quantités de Chardonnay (voilà le mea culpa). Dans le monde puritain, un aveu qui coûte. En même temps, c’est du vin de Bourgogne, pas le whisky ou la bière qu’écluse le chômeur de Detroit. Quand Hillary se confesse, elle reste maquillée, toujours un peu artificielle.

Est-ce qu’elle pointe les erreurs politiques de sa campagne ?

Il faudra lire le livre, pas seulement les bonnes pages. Elle concède : "J’ai peut-être manqué quelques occasions." Elle a manqué les états de la ceinture de rouille, ce poumon industriel de l’Amérique qui est l’épicentre de la colère blanche, ces cols bleus qui votaient démocrates, et qui se sentent abandonnés, cette Amérique périphérique qu’elle a dédaignés et qui se sont donnés au Donald, qu’ils soutiennent toujours, contre vents et marées et tempêtes, contre une élite détestée qu’incarne Hillary.

Elle va y aller maintenant pour présenter son livre…

Une séance de dédicaces est prévue dans le Wisconsin. Il paraît que ce sera payant. Mais ceux qui vont vraiment payer la réapparition d’Hillary Clinton, c’est le parti démocrate. L’encéphalogramme est plat, on se croirait rue de Solférino. La vindicte d’Hillary Clinton contre Sanders ne va pas aider à la synthèse entre la gauche radicale et les déçus de Trump qu’il faudrait rallier.