Le général Aoun en visite officielle à Paris

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Le général Aoun à Paris, le Président du Liban est en visite officielle, la première visite d’État du mandat d’Emmanuel Macron.

Une visite d’État, c’est le protocole numéro 1, discours et salamalecs, on ranime la flamme, on met une robe de bal, grand tralala hier soir à l’Élysée. Et cela tombe bien que ce soit le Président du Liban qui inaugure les visites officielles de ce quinquennat.
Pourquoi ? Parce que les Libanaises adorent les robes du soir, habibi.
Parce que le général Aoun, héros national, a vécu ici en exil. Parce que les Maronites parlent en français de "notre mère la France". Comme toutes les mauvaises mères, la France s’imagine qu’elle est responsable des malheurs du Levant. Et notre vieux pays laïc est épaté comme s’il y était pour quelque chose que le Liban soit un pays arabe où cohabitent Chrétiens de toutes confessions plus ou moins schismatiques et Musulmans en tout genre, notamment hérétiques, et aussi des mécréants, de toutes obédiences, seuls les juifs sont exclus de la fête, mais ils sont de l’autre côté de la rue, au sud, c’est Israël. Le Liban n’est pas un pays, c’est un concept. Vive le monde multi-ethnique.

Emmanuel Macron a promis l’aide de la France, notamment pour équiper l’armée libanaise.

C’est un rituel depuis de Gaulle. La France équipe l’armée libanaise mais jamais assez pour qu’elle gagne la guerre. La dernière fois, François Hollande a signé le contrat Donas, trois milliards de dollars, des munitions, des hélicos, des canons achetés par les Saoudiens pour les Libanais. Mais patatras, à y regarder de plus près, les Saoudiens ont trouvé que le Liban était bien trop gentil avec ces chiens d’Iraniens. Tout est suspendu !

Emmanuel Macron veut réunir deux conférences internationales, de donateurs et d’investisseurs.

Le Président a répété hier soir que la souveraineté du Liban était un enjeu majeur pour l’Europe. Tout comme son intégrité, sa sécurité, sa stabilité, son unité. Ce sont les exorcismes qui ont accompagné la descente aux enfers du pays. Non, l’Etat au Liban n’est pas uni, mais otage de ses clans. Pas stable, mais entre deux guerres. Pas souverain, mais à la merci de ses voisins. Il y a un million et demie de réfugiés syriens à bord. Et le Hezbollah comme un état dans l’État. C’est lui qui a fait Président Michel Aoun. Et maintenant que les miliciens chiittes ont fait la peau aux rebelles sunnites en Syrie, ils s’apprêtent à rentrer au pays, plus fort que jamais. C’est là que les attendent les Israéliens. L’État libanais colonisé par le Hezbollah n’échappera pas à cette guerre.
Michel Aoun fait semblant de demander de l’aide. Emmanuel Macron fait semblant de la lui accorder. La politique arabe de la France est un théâtre d’ombres.