Le défi lancé à Trump par les sénateurs à propos de Charlottesville

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Vincent Hervouët vous parle international est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Aux Etats Unis, le Sénat puis la Chambre des Représentants ont voté à l’unanimité une résolution qui condamne les groupes suprémacistes blancs. La presse y voit un défi à Donald Trump, un mois après les affrontements de Charlottesville

La presse américaine est lancée dans la chasse au Donald. Cela l’aveugle. Cette résolution n’est pas un défi au Président, c’est plutôt un exorcisme. Le racisme, c’est mal ! Le racisme des Blancs, c’est très mal ! Cette évidence peut mettre tout le monde d’accord, même ceux qui dénoncent la tyrannie des minorités et le poids du politiquement correct. "Le racisme, c’est l’enfer" dit lui-même Donald Trump qui n’est pas un petit saint. Sa vie n’a rien pour édifier les puritains, trop de femmes, d’argent, de désordres et de vanités, mais il connaît ceux qui l’ont élu, l’Amérique profonde, celle des télévangélistes ou du Midwest et on l’a donc vu en prières à la Maison Blanche. Il appelle sur lui la protection du ciel.
A Washington, ne règne pas Jupiter. Ce serait plutôt le contraire, Sainte Blandine au milieu des lions, un homme seul cerné par les fauves. Tout cela plait à ses électeurs qui lui restent fidèles. En prime, cela fait enrager l’establishment qui méprise le Président, le bénéfice est double.

Mais après Charlottesville, il a renvoyé dos à dos racistes et antiracistes

Le Congrès exige donc une dénonciation explicite des groupes racistes, extrémistes, xénophobes, antisémites et partisans de la suprématie de la race blanche et que le gouvernement engage tous les moyens pour lutter contre les néo-nazis et le Klu Klux Klan. Cela ne devrait pas gêner le shérif de la Maison Blanche.
Evidemment, pas un mot des groupes anti-racistes qui veulent déboulonner les statues, pas question de renvoyer dos à dos, manifestants et contremanifestants, la victime et le fanatique, comme l’avait fait Donald Trump. Il a dix jours pour mettre sa signature au bas du texte ou mettre son véto… S’il ne fait rien, le texte sera adopté.

Pourquoi s’y opposerait-il ?

Pourquoi en effet. S’il y a un piège, c’est celui que se sont tendus les élus. Ils ont un ouragan de retard. Le président est en Floride, auprès des secours et des sinistrés. Il y est dans son élément, il est lui-même une sorte de tornade. Il a passé sa vie sur les chantiers, il sait parler aux gens, veiller à l’organisation. Bref, il est enfin à sa place.
Et puis surtout, les Congresmen somment le Président, mais ils sont hypocrites. Car ils viennent de lui offrir une victoire éclatante. Il a négocié avec les Démocrates une alliance contre nature. Grâce à eux, il va relever le plafond de la dette, ce que refusait les Républicains. Ainsi, il pourra dégager des milliards pour la Louisiane, le Texas et la Floride dévastés. Cet accord bi-partisan en prépare d’autres, la réforme fiscale, le plan pour les infrastructures. En échange, il pourrait même faire voter le financement du mur avec le Mexique. Trump est un très bon négociateur. Il va continuer à nous surprendre. Au milieu du chaos, Trump est vraiment dans son élément.