L’Assemblée générale de l’ONU ne se rate pas

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

le Président Emmanuel Macron est à New-York où s’ouvre ce mardi à l’Assemblée générale de l’Onu. Il prendra la parole à 18 heures.

Quand on devient Président, on tutoie l’histoire. Cette ivresse ne dure pas, on se blase. Mais le discours à l’Assemblée générale de l’Onu fait partie de l’exceptionnel. C’est un des rites d’initiation. Ça ne se rate pas.

La France est membre permanent du conseil de sécurité. Le Président est un peu chez lui à l’Onu…

Xi Jin Ping n’y est pas. Vladimir Poutine non plus. Le général De Gaulle n’y a jamais mis les pieds, ni Georges Pompidou. Giscard a été le premier, ce n’est pas un hasard. Si la France est une puissance moyenne, ce qu’elle veut au monde peut bien se glisser entre cent autres discours du même genre. La France parle après le Brésil qui ouvre le bal et avant l’Algérie qui le clôt, c’est toujours comme ça et personne n’écoute ces discours en mondio-vision que nul ne regarde…

Mais le décor qu’on connaît par cœur est flatteur, tout ce marbre vert fait un peu salle de bain, mais salle de bains planétaire. En plus, New York pendant l’été indien, c’est sympa. Jamais les confrères qui sont du voyage ne diront qu’on fait des discours à l’Onu comme il y avait des parlotes à la SDN au temps d’Albert Cohen et que le sort du monde se joue ailleurs.

Est-ce que cela veut dire que le Président Macron et toute sa suite perdent leur temps ?

L’important à l’Onu, ce sont les recoins, on tire un rideau, on met un paravent et des gens qui se connaissent mal peuvent comploter, déjouer des quiproquos, prendre date. Les sujets à faire avancer ne manquent pas mais tout se passe à huis clos. Le reste, c’est de la com'.

On peut faire les deux, comme Donald Trump et Emmanuel Macron lundi soir…

Ils ont surjoué leur amitié, c’est du spectacle. Donald Trump a dit qu’il avait beaucoup aimé le défilé du 14 juillet, pour le centenaire de la fin de la guerre de 14. Emmanuel Macron n’a pas relevé que la guerre a duré jusqu’en 1918. Il faut être naïf pour imaginer qu’une fois les portes fermées, les deux délégations ont déblayé les dossiers coréens, syriens, iraniens, terroristes et trouvé une solution de repêchage pour l’accord sur le climat. Lundi, Donald Trump a fait adopter un plan en dix points pour réformer la bureaucratie onusienne. Une quinzaine de pays avaient été associés, consultés au préalable. La Chine, le Japon, l’Inde, etc. En Europe : les Britanniques et les Allemands. Et pas les Français. C’est à se demander à quoi ça sert d’être le meilleur ami de l’Amérique en Europe. C’est une bonne question à se poser.