Las Vegas : Trump face au défi de cette tuerie aveugle

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Le carnage de Las Vegas met-il Donald Trump en difficulté, lui qui défend les armes à feu ?

Donald Trump ne remettra jamais en cause le deuxième amendement de la constitution qui donne le droit aux Américains de s’armer et même d’avoir une artillerie à domicile, comme s’ils habitaient toujours au fond des bois, à 500 kilomètres du shérif le plus proche. Obama non plus ne l’a pas fait. Ni le Congrès, ni la Cour suprême, ni même les Démocrates ne veulent rouvrir un débat qui galvanise la moitié de l’opinion. Donald Trump le fera d’autant moins qu’il est partisan des armes à feu, comme tous les élus républicains. C’est même un militant de la cause.

Hier, en réagissant à chaud, il a pourtant dénoncé "le mal absolu".

Justement : il n’a pas posé le problème politique. Il n’a parlé ni des armes, ni de Daech. Il a désigné le diable et on comprend qu’il ait été choqué, car le tueur ressemble à un de ses électeurs, tout comme les victimes d’ailleurs, tous amateurs de musique Country. Donald Trump a appelé à la prière, en père de la Nation. En Amérique comme en France, une tragédie suscite l’unité nationale. In fine, le pouvoir en place en profite toujours. Donald Trump avait d’ailleurs repris des couleurs en se rendant au Texas et en Floride après les ouragans.

Il a annoncé qu’il se rendrait demain à Las Vegas. Pourquoi attendre 48 heures ?

Justement, parce qu’il va tout à l’heure à Porto Rico. Après le passage de l’ouragan Maria, les Portoricains manquent de tout, d’eau, de courant, de téléphone, d’internet… 3.200 routes et ponts endommagés et l’image de Trump aussi, car il s’en est pris aux autorités locales alors qu’il passait un week-end de pacha dans son club de golf du New Jersey.
Mais ça n’altère pas sa cote de popularité, autour de 40%. C’est mieux que tous ses rivaux à droite et tous ses adversaires à gauche. C’est dix points de plus qu’Hillary Clinton, malgré la presse qui ne le lâche pas et les ministres qui le lâchent, son secrétaire à la santé vient d’être emporté par le scandale, le sixième à démissionner en six mois. 40% malgré les tweets que Trump, lui-même, lâche au matin et qui sont autant de balles qu’il se tire dans les pieds, comme la dernière rafale contre les vedettes du football et du basket américain qui mettent genou à terre pendant l’hymne national.
Rien à voir avec la flagornerie avec laquelle les autres chefs d’État traitent ces milliardaires en short, Trump est vraiment à part.