La Russie renforce ses positions en Syrie

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
Partagez sur :

Chaque jour, Didier François traite d’un sujet international.

Après la défaite de l’Etat islamique en Syrie la Russie avait annoncé en grande pompe, la semaine dernière, le retrait de ses troupes en fait Didier ça ne semble pas si clair que ça

Oui,  c’est le moins qu’on puisse dire. En fait, nous sommes plus face à ce que les militaires appellent une réatriculassion de leur dispositif  qu’à un véritable retrait

Même si, n’en doutons pas, un Vladimir Poutine qui commence une campagne électorale pour un quatrième mandat présidentiel va certainement alléger son contingent. D’autant que ça lui permettra de montrer un peu les muscles avec une victoire qui  par ailleurs est bien réelle. Mais justement, il n’y a vraiment aucune raison pour abandonner un terrain qu’il a clairement conquis. Ce n’est pas le genre de la maison. Bien au contraire la Russie va pousser son avantage et renforcer toutes ses positions. Sur le plan militaire comme sur le plan diplomatique, et d’ailleurs ça a déjà commencé.

Oui le ministère russe de la Défense annonce l’installation de deux bases permanentes en Syrie

C’est ça, avec l’agrandissement de l’emprise navale de Tartous qui va devenir un véritable port militaire sur la Méditerranée capable d’accueillir jusqu’à 11 navires dont un porte-avion. Là on dépasse même le simple cadre du conflit syrien pour pérenniser un déploiement stratégique. Et Moscou a également entamé le renforcement d’une base aérienne à Hmeimim,  dans le nord de la Syrie qui elle est déjà utilisée dans les opérations de bombardement en soutien des troupes de Bashar al-Assad contre les derniers groupes d’opposition armés isolés dans les faubourgs de Damas et dans la province d’Idlib  sur la frontière turque. Ce qui n’est plus rien, c’est seulement 10% du territoire syrien. Et ce qu’il faut comprendre c’est que les forces qui étaient engagées contre l’Etat islamique à l’est du pays sont désormais disponibles pour réduire ces dernières poches. Elles ne vont donc pas s’en priver.

Mais ces offensives ne sont-elles pas contradictoires avec les initiatives diplomatiques de Moscou ?

Si un peu, on le voit bien. La Russie a proposé la tenue d’une conférence sur la Syrie chez elle, à Sotchi, au mois de janvier après la réunion de la semaine dernière à Astana où elle avait tout de même réussi à faire venir des factions de l’opposition proches des Occidentaux. Mais qui hier ont fait savoir qu’elles ne participeraient pas à cette nouvelle initiative, à Sotchi, tant que les combats se poursuivront et que le Russie y participera en soutien du régime. Maintenant c’est toujours la même chose si les offensives sont un succès et que les forces rebelles finissent écrasées, et bien elles n’auront guère d’autre choix que de négocier avec les vainqueurs.

Poutine le sait parfaitement et fait rarement dans le sentimentalisme, il continuera donc à manier un peu de carotte et beaucoup de bâton parce que c’est sa nature et parce que rien ne peut l’en empêcher.