La guerre contre les narcos-trafiquants fait 23.000 morts en 2017

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Didier François traite d’un sujet international.

Les chiffres viennent d’être publiés et ils sont effrayant au Mexique dans la guerre contre la drogue l’année 2017 a atteint des sommets de violence.

 Absolument plus de 23.000 homicides officiellement enregistrés c’est un record absolu. Et l’année n’est pas encore tout à fait terminée. Sachant que durant les mois d’octobre et de novembre par exemple on était au-dessus des 2.000 morts.

Or 2.000 morts par mois il faut le réaliser c’est très supérieur au taux d’attrition de batailles comme celles de Mossoul ou de Raqqa qui étaient tout de même d’une certaine intensité. Avec des appuis aériens ou d’artillerie. Au Mexique on n’est pas du tout dans ce type de combat. C’est de l’assassinat au pistolet au fusil ou à la machette. Il y a très peu de batailles rangées entre les narcotrafiquants et les forces de police. Mais le bras de fer pour le contrôle des territoires est devenu tel que le bilan des affrontements dépasse désormais les niveaux pertes d’une guerre conventionnelle qui tourne autour des 500 tués par mois.

Pour vous donner un ordre d’idée la reprise de Raqqa entre juin et octobre cette année c’est 650 tués chez les Kurdes qui donnaient l’assaut quelque 1.500 djihadistes neutralisés et malheureusement environ un millier de civils victimes de dommages collatéraux.

Alors comment expliquer un tel carnage ? 

La première raison c’est que la guerre contre la drogue ça s’apparente beaucoup plus à une guerre civile qu’à un conflit conventionnel entre forces armées ou même à une lutte contre-insurrectionnelle au milieu d’une population. Or une guerre civile avec des voisins qui s'entre-tuent c’est absolument terrifiant ça produit toujours des horreurs.

La seconde raison est que les cartels se sont fragmentés sous les coups que leur ont porté les militaires puisqu’à partir de 2006 il a été fait appel à l’armée parce que la police était totalement débordée. Or plus de fragmentation c’est plus de compétitions.

Donc plus d’affrontement et plus de morts. Il faut dire que les enjeux financiers sont gigantesques. On parle de 30 milliards de dollars par an. C’est le budget de la Défense de la France vous imaginez ce que vous faites au Mexique avec ça. Les cartels ont été capables d’acheter une partie des forces de sécurité qui avaient été formées pour lutter contre eux.

C’est comme ça qu’est née l’organisation des Zeta qui est aujourd’hui l’un des groupes les plus puissants et les plus violents a été formé par des membres des unités d’élite des forces spéciales qui ont décidé que c’était finalement plus intéressant de se mettre à leur compte que de poursuivre une guerre sans issue pour un salaire de misère. Vous voyez-bien que ce n’est pas gagné.

Surtout que les narcos semblent être assez populaires

Et bien ils ont de l’argent dans une société extrêmement pauvre. Et oui ils travaillent leur image. Ils ont créé une sous-culture à leur gloire avec des séries à succès comme la Reine du sud ou Chapo.

Des groupes de musiques spécialisés qui chantent ce qu’on appelle des narcocorridos des chansons présentant les trafiquants comme des héros sortes de Zapata ou de Pancho Villa modernes. Tout ça évidement agrémenté de clips invraisemblables. Si ça vous amuse vous pouvez aller visionner ceux de "Los Tigres del Norte" ou de "Ultimo Escuadron", ou pire encore sur Internet "El blog del Narco".

Mais là, mieux vaut avoir le cœur bien accroché