La Chine gesticule en face de Taïwan : les plus grandes manoeuvres navales de son histoire sont en cours

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Les Chinois ont lancé hier des manœuvres navales en mer de Chine méridionale.

Pas n’importe quelles manœuvres, les plus importantes depuis 70 ans et la fondation de la République populaire. Une cinquantaine de navires, toute la flotte de haute mer. Et pas n’importe où ! Dans cette zone maritime avec ses chapelets d’iles qu’osent encore revendiquer les petits pays voisins, Philippines, Vietnam, Malaisie qui braillent et que plus personne n’écoute.
Et il y a là aussi les ilots devenus des bases aériennes car les Chinois bétonnent les massifs coraliens avec autant d’ardeur qu’un promoteur breton avant la loi littoral.
La semaine prochaine, ce sera encore mieux. L’armada ira manœuvrer dans le détroit de Taiwan, avec exercice de tirs à balles réelles, juste sous le nez de la Présidente taiwanaise, pour qu’elle réfléchisse bien car elle n’aurait pas tout à fait abandonné ses rêves de jeunesse, l’indépendance en plus de la démocratie…

À quoi sert cette gesticulation ?

Ce n’est pas une de ces parades inutiles et glorieuses qu’aiment les marins, puisque le Président Xi lui-même est venu commander les opérations. C’était la surprise d’hier. Xi JinPing en grand timonier, il fallait s’y attendre, à l’égal de Mao. Et encore Mao n’avait pas de porte-avions, alors que Xi était à bord du Lia-Oning. Il portait un vague uniforme, il est le président de la commission militaire centrale du parti communiste, c’est lui, le vrai patron de l’armée.
Le Lia-Oning, c’est soixante mille tonnes de com.
Depuis la passerelle aviation, Le Président a assisté au décollage des jets.
Dans la manifestation du pouvoir, c’est l’équivalent d’une sorte d’orgasme.
Le must, c’est évidemment l’appontage de nuit, retour de mission de bombardement. Cela vaut en extase, le tir de missiles depuis un sous-marin, toujours très éloquent quand il crève la surface.
D’ailleurs, dans les jours prochains, quand l’heure sera venue d’infliger une raclée à cet animal de Bachar El Assad comme l’appelle Donald Trump, les télévisions montreront sûrement des images de porte-avions croisant au large. On regrettera vivement l’absence du Charles de Gaulle.

Il est en révision, en cale sèche à Toulon.

Dommage, c’est le seul porte-avion français. Le seul porte-avions en Europe. Immobilisé depuis un an et jusqu’à l’automne prochain.
Résumons : L’Occident et l’Orient musulman se passionnent pour un nouvel épisode édifiant de la guerre de Syrie qui dure depuis sept ans déjà et qui va continuer, parce que les Occidentaux et les Arabes se sont mouillés jusqu’au cou mais sans parvenir à se débarrasser du tyran local, sans lui infliger de défaite, sans réussir à imposer de cesser le feu, ni même de vraies négociations.
Pendant ce temps, la Chine a construit une centaine de navires de guerre, l’équivalent de toute la marine française. C’est déjà le deuxième tonnage au monde et elle continue. Elle s’entraine aujourd’hui en mer de Chine méridionale. C’est le cœur de la mondialisation, le plus grand carrefour commercial et stratégique.
Alors que les Occidentaux, les Russes, et les pays musulmans bataillent au-dessus d’un marécage fétide, les ambitions de la Chine sont vastes comme l’Océan. Elle jette les amarres et prend le large.