La bataille de Raqqa touche à sa fin

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

La bataille de Raqqa touche à sa fin. L’État Islamique est par terre, il n’en reste que des décombres.
En Irak, l’armée a lancé hier l’offensive contre la petite ville d’Ha-wi-ja, la dernière que contrôlent les djihadistes au nord. Les combattants sont piégés, dos au mur.
En Syrie, leur situation est pire. A Raqqa, ils sont décimés par les bombardements. Ils ont perdu 90% de la ville, ils sont enterrés dans les bâtiments publics pourvus de tunnels et d’abris et dans les sous-sols de l’ancien stade qui servait de prison. Il n’y aura pas de grande évasion et c’est une bataille sans prisonnier. Le seul programme, c’est mourir.
A Deir Ezzor, l’autre ville syrienne à l’est, bientôt l’hallali. Les chefs djihadistes qui se sont repliés dans la vallée de l’Euphrate en Irak sont traqués par les drones et des demi-soldes du terrorisme fuient un peu partout. Ainsi le califat s’évanouit, comme un cauchemar.
Sur ses ruines, personne ne sait ce qui va pousser, sauf peut-être les Kurdes.
A la chute de l’empire ottoman, on leur a laissé croire qu’ils auraient leur nation. En fait, ils ont été les grands perdants du redécoupage de la région en Etats…30 millions de Kurdes dispersés entre l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Turquie. Cela fait un siècle qu’ils attendent leur heure. Ils pensent qu’elle a sonné. La guerre leur a donné l’autonomie de facto. En Irak, ils se gouvernent depuis 25 ans, depuis la première guerre du golfe. En Syrie, le monde les a découvert quand ils ont chassé Daech de Kobané. Depuis, ce sont les fantassins de la coalition, ce sont eux qui font le travail au sol, épaulés par les forces spéciales.
Pour forcer le destin, ils organisent des élections.
En Syrie, c’est aujourd’hui même, pour choisir les maires. En novembre, ils éliront les conseils municipaux et en janvier, des conseils législatifs… En Irak, c’est plus radical, un référendum d’autodétermination est programmé lundi, dans toute la province et dans la région pétrolière de Kirkouk…
Ils sont trente millions mais n’ont qu’un ami.
Beaucoup d’ennemis, beaucoup d’honneur… Hier, les ministres des affaires étrangères de Turquie, d’Iran et d’Irak ont signé un pacte à New York, en marge de l’ONU. Ces trois-là ne s’aiment guère mais le Kurde est leur ennemi commun. Si il y a un référendum, ils leur feront payer cher. Ce matin, le conseil de sécurité renchérit, il est contre. Hier, Washington et Paris avait dit la même chose. Tous disent aux Kurdes d’être patients. Il n’y a qu’Israël qui les approuve et pour cause, ça lui ferait enfin un allié au milieu du chaos grandissant.