Jared Kuschner, "le maillon faible" de la tribu Trump, perd son habilitation secret défense

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Remue-ménage à la Maison-Blanche. Démission surprise de la directrice de la Communication. Et surtout, Jared Kuschner, le gendre et conseiller spécial de Donald Trump est privé de son habilitation secret défense. Il n’aura plus accès aux informations sensibles.

Ce n’est pas toujours facile d’être un gendre, surtout pour Jared Kuchner. Son beau-père est tout puissant et se croit omniscient. Sa femme reste une fille à papa, Ivanka est la vraie première dame. Coincé entre ces deux vedettes planétaires, Jared Koucher a gardé le visage poupin, la politesse en inox et un sourire à toute épreuve. Et tout cela avec la discrétion qui sied à un membre de la famille royale. Vraiment, il a fait de son mieux.
Pendant la campagne, il avait organisé les déplacements et la propagande sur les réseaux sociaux. Après la victoire, Trump lui a confié les travaux d’Hercule. Pas une mission impossible, mais une demi-douzaine : réinventer les relations avec la Chine, négocier le mur avec le Mexique, rendre le gouvernement plus efficace, etc. Et à ses heures perdues, faire la paix au Proche-Orient. C’est quand même beaucoup pour un amateur de 36 ans qui n’y connaissait rien. C’était aussi la garantie d’être haï. Il l’est, à peu près unanimement.

Quel résultats un an après ?

Dans le premier cercle, Mr Gendre est un des rares survivants. Il a vu passer le cadavre de Steve Banon qui le détestait. Aux yeux de Banon, Kuschner incarne l’égoïsme sans frontières des élites new-yorkaises, tout ce que déteste l’électorat populaire et il est responsable des bourdes de la présidence. Si l’on fait le bilan, il a aussi été la cheville ouvrière du pacte avec l’Arabie Saoudite de Mohamed Ben Salman et des retrouvailles avec Israël. Le déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem, c’est lui. On attend maintenant son plan de paix en cent pages et pour tout dire, on s’attend à tout.
Mais lundi prochain, il restera à la porte du bureau ovale quand Donald Trump y recevra Benyamin Netanyahu. Il n’a plus le droit de savoir ce qu’il y a dans le mémo que tous les jours la CIA dépose sur le bureau de Donald Trump. Evidemment, cela ruine sa crédibilité face à ses interlocuteurs étrangers.

Pourquoi l’avoir privé de l’habilitation "top secret"?

Il a menti aux enquêteurs qui l’ont passé au scanner quand il a rejoint la présidence. Il a caché qu’il avait rencontré les Russes pendant la transition. Cette entorse aux règles l’a privé d’une habilitation en bonne et due forme. Et les habilitations provisoires ont été supprimées.
A partir de là, il y a deux lectures. On peut dire qu’il est victime du foutoir que génère son beau-père. On dit aussi qu’il est jugé influençable, naïf et fragile, ses affaires familiales étant mal en point. Les services ont réalisé que les Israéliens, les émiratis, les Chinois, les Mexicains ont tous discuté de la meilleure façon de le manipuler. Enfin, il est dans le collimateur du procureur Mueller. Avec ou sans habilitation, un gendre idéal reste une pièce rapportée. Dans la tribu Trump, il le maillon faible.