Guerre des étoiles : la réalité de tous ces satellites au-dessus de nos têtes

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Didier François traite d’un sujet international.

Didier François remplace Vincent Hervouet ce lundi 10 septembre 2018.

Ce lundi, Didier François nous explique que la Guerre des étoiles, la vraie, ne se déroule pas comme le dit Spielberg "il y a bien longtemps dans une très lointaine galaxie". 

C'est aujourd'hui que ça se passe, en ce moment même, juste au-dessus de nos têtes à partir de cent kilomètres juste à la limite de l'atmosphère. Jusqu’à 36.000 kilomètres qui est l'altitude géostationnaire où un satellite fait le tour de la terre en 24 heures. Donc un espace bien plus proche que celui des films de Spielberg mais déjà transformé en champ de bataille spatial, un satellite espion russe s'est fait prendre la main dans le sac alors qu'il tentait de pirater les données cryptées d'un satellite militaire français de communication.

C'est une révélation de la ministre des Armées, Florence Parly, que vous avez peut-être entendu ce dimanche sur Europe 1.

Les Russes se sont approchés très discrètement du satellite français, mais leur manœuvre a tout de même été repérée grâce à un système de veille radar très élaboré. Les circuits de communication de notre satellite ont immédiatement été coupés pour empêcher les Russes de l'écouter. Mais outre le fait que ce geste n'était pas très amical, cette action offensive dans l'espace pose un véritable problème. Durant cet incident, l'état-major des Armées à Paris ne pouvait évidemment plus utiliser ce canal pour communiquer avec ses troupes déployées sur le terrain, au Sahel par exemple. Et puis les satellites servent aussi à localiser nos avions ou nos bateaux et à guider très précisément les frappes de nos missiles. Alors quand l'interruption dure quelques heures, on s'adapte. Mais ce qui inquiète les militaires, c'est que ce même satellite russe n'en était pas à son coup d'essai. En 2015, il s'était installé en orbite géostationnaire entre deux satellites civils pour espionner leurs communications pendant cinq mois sans pouvoir être délogé. Et ça, c'est absolument inacceptable.

C'est la raison pour laquelle la ministre des Armées a décidé de rendre cette affaire publique ?

C’est effectivement une première. Elle a décidé de prendre des mesures techniques qui permettrons à nos futurs satellites, ceux qui seront lancés dans les prochains mois, d'être équipés de moyens d'autoprotection. L'idée ce n'est pas de déclencher une "Guerre des étoiles", bien sûr, mais de pouvoir assurer l'autodéfense d'un matériel hautement stratégique, indispensable à notre sécurité.