Europe : les ambitions d'Angela reconduites

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L'édito international de Vincent Hervouet est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque jour, Vincent Hervouet traite d’un sujet international.

Angela Merkel promet de parler d’une "voix forte" en Europe.

La plus belle fille du monde ne peut offrir que ce qu’elle a. Qu’est-ce que les Allemands attendent encore d’Angela Merkel ?  Dans huit jours, elle sera intronisée pour un quatrième mandat, le Graal. Si elle tient quatre ans, elle aura résisté autant que son mentor Helmut Khol. Même si les Sociaux-démocrates divorcent avant, (ils ont prévu une clause de sortie à mi-mandat et cela dit combien l’attelage est bancal), même dans deux ans, le règne d’Angela Merkel aura duré aussi longtemps que celui de Konrad Adenauer.  Mais à son bilan, il n’y a ni la réunification de l’Allemagne, ni la réconciliation avec la France.

Le pays sous sa férule ressemble à ces foyers aux armoires bien rangées, piles de linge amidonné et garde-manger plein mais où règne la désillusion.  Le bilan économique d’Angela Merkel est flatteur, ses comptes font envie, mais sur le plan politique, la cohabitation au centre a été émolliente. Elle a nécrosé la droite et la gauche, elle a libéré une puissante force populiste, anti système, anti migrants, anti euro. La priorité du SPD et de la CDU CSU, ce n’est pas l’Europe, mais bien de faire rentrer les électeurs au bercail, de remettre le mauvais génie dans la lampe…

"Nous voyons chaque jour que l’Europe doit se renforcer" dit Angela Merkel.

L’accord de coalition annonce un "nouvel élan pour l’Europe". Une parenthèse : il y a davantage de nouveaux élans en Europe qu’en Laponie et Sibérie réunis... Il y a un style européen, il est entrainant comme une valse musette le dimanche après-midi dans un Epad de la Forêt noire. La réforme promise résiste mal à une lecture attentive car elle reste cruellement floue. Le choix des ministres censés la mettre en œuvre incite à penser que le nouvel élan va rester. contenu.

Le social-démocrate Olaf Sholtz qui succède à Wolfgang Schauble aux Finances doit rassurer les milieux d’affaires sur la rigueur budgétaire. Ne comptez pas sur lui pour la relance intérieure ou un Fmi européen pour gérer la mutualisation des banques qui pourrait finir en mutualisation des dettes. La crise bancaire dont l’Italie menace de gratifier la zone euro enterre ces fantaisies.  En face, à droite, le futur ministre de l’Intérieur (qui est aussi ministre de la Patrie…) est le président de la CSU bavaroise, Horst Seehofer. Avec lui, pas question d’abandons de souveraineté, de céder les rennes à Bruxelles, en dotant la commission d’un ministre des affaires étrangères, d’un ministre de la défense, d’un ministre de l’économie.  

Que va faire Angela Merkel ?

Préparer sa succession, avant qu’on ne la chasse. Elle n’a jamais été autant critiquée. La coalition lui donne un répit pour soigner sa sortie. Comme elle a éliminé tous ses rivaux masculins, elle rajeunit et féminise le gouvernement.
Le gouvernement n’est pas encore formé mais l’après Merkel a commencé. Ce n’est pas la fin du monde mais le crépuscule d’une déesse.